Une petite journée sur le Festival OctoGônes 2026

OctoGônes, jusqu’à cette année, c’était l’événement d’octobre dans la région Rhône-Alpes avec cette convention mixte entre jeux de société, jeux de rôles et figurines, toujours très orientée autour de l’imaginaire. Ça se passait précédemment à l’espace Double Mixte, salle peu agréable sur le campus de la Doua (galère à se garer, assez sombre, …). Pour leurs permettrent de grandir, les organisateurs changent de lieu en basculant sur l’énorme Eurexpo (dans la banlieue lyonnaise) et en se repositionnant fin mai !

Le festival reste sur 2 jours et demi, du vendredi 14h au dimanche soir, avec cette fois, un stop chaque nuit entre 2h et 9h !

C’était donc l’occasion d’aller voir cette nouvelle version ces 22-23-24 mai, afin de savoir ce que cette nouvelle mouture a dans le ventre, mais aussi, comme d’habitude, de découvrir quelques nouveautés ou jeux de plateau que nous n’avions pas encore pu essayer ! On se retrouve donc à 4, Alex (Alex_m_jouer), Ludivine (La côtière s’amuse), Aurélie et moi (Kenny).

Pour le contexte, nous sortons d’un début d’année très chargé, entre Cannes sur lequel nous avons testé une quantité assez folle de jeu, puis l’organisation de notre festival début mai avec une cinquantaine de nouveautés aussi, autant dire que sur l’actualité, nous avons plutôt bien poncé tout ce qui représente ces 6/9 derniers mois de sortie. L’enjeu pour nous était donc de trouver des jeux qui nous intéressaient et que nous ne connaissions pas déjà. Que ce soit chez Blackrock, Gigamic, ou Asmodee, voir Iello, qui représentait une énorme partie des jeux du pôle plateau, la grande majorité était déjà connue de notre part. OctoGônes c’est aussi une belle partie de l’espace autour de la littérature fantasy, du jeu de rôle, ainsi que du jeu libre, moins adapté à ce que l’on recherche à titre personnel. OctoGônes, habitant relativement proche, c’est aussi le festival où l’on croise le plus de monde que l’on connait et où l’on papotte beaucoup : les équipes de Trollune (avec la présence de Simon du Passe Temps ici), les éditeurs/auteurs/illustrateurs du coin et tous les amis/connaissances du jeux.

On démarre la journée en allant à la boutique Trollune directement afin d’acheter Leda (que nous avions adoré à Cannes), Hot Streak (dont on te parlera prochainement tellement c’est drôle) ainsi que le Botswana à l’aveugle (et on a bien fait !) parce que Knizia et une grosse réputation déjà.


Space Lab

Première découverte de la journée avec Space Lab, petit jeu de construction de tableau, de collection et de gestion de main assez vif et dynamique que je voulais essayer depuis un moment. Dans Space Lab, sorti fin 2025, nous recrutons des membres d’équipages pour constituer la meilleure équipe afin de réaliser nos projets spatiaux. Chaque joueur va devoir faire un tableau de 10 cartes autour de ses 3 capsules.

À notre tour, soit on pioche 3 cartes afin de garder toutes les cartes d’une seule couleur en main puis on place les restantes au centre avec une pile par couleur, soit on prend la pile d’une couleur au complet, soit on joue une ou des cartes de notre main (action obligatoire si nous avons 5 cartes en main ou plus en début de tour). Le coût pour lancer une carte est à payer en carte de notre main que l’on défausse. Les cartes vont être de plusieurs couleurs, plusieurs types, rapporter des points de victoire avec ou sans conditions. Et en fonction de la capsule et de l’endroit où nous jouons la carte, elle pourra activer des pouvoirs ou gains si les conditions sont respectées.

La partie est une course puisqu’elle s’arrête lorsqu’un joueur a joué sa 10ème carte, ou réalisé les 3 objectifs de ses capsules, à savoir, placer 3 cartes de couleurs définies autour. Chaque objectif réalisé permet de récupérer d’ailleurs un petit jeton à mettre sur sa capsule avec plus ou moins de points suivant l’ordre dans lequel on le réussit versus les autres joueurs.

Ce Space Lab est très agréable avec un rythme assez soutenu, une édition, comme toujours chez Studio H, généreuse et parfaite. Ça brille, c’est vraiment très joli, l’iconographie est limpide et les feuilles de score très pratiques. On joue en moins de 20 minutes à 4 joueurs. Sans être ultra-original, même si on apprécie bien le placement autour des 3 capsules, Space Lab est très solide et ça donne envie d’y revenir fréquemment.

Kenny (adore)
Aurélie (adore)

Level Up

Level Up est un jeu relativement ancien (2008 à priori), surtout connu par le fait qu’il se vendait à prix d’or sur les plateformes d’occasion depuis quelque temps. Cette nouvelle réédition permet de le proposer à prix décent et de faire rager les scalpers. Deux très bonnes nouvelles donc.

Level Up est un jeu de cartes de défausse et de gestion de main dans lequel il va falloir réussir un objectif pour passer au niveau suivant. Tous les joueurs démarrent avec le même objectif au début de la partie, mais la manche s’arrêterait une fois qu’un joueur a réussi à défausser toutes ses cartes. Celui-ci pourra même sauter l’objectif suivant et passer au prochain.

Le tour de jeu est relativement simple, on doit piocher une carte, soit sur la pioche, soit dans une défausse. Si possible, on peut ensuite poser notre objectif sur la table (par exemple 1 brelan et une suite de 4 sur le 1er niveau). Puis obligatoirement redéfausser une carte ensuite. Une fois nos combinaisons posées, on peut dans la foulée défausser nos cartes sur les combinaisons adverses pour les compléter (soit chiffre identique, soit pour agrandir les suites). Mais le but ultime reste bien de se défausser de sa main !

Sans être d’une grande originalité (probablement dû à son âge), le jeu reste très agréable, dans une édition plus moderne (la couverture est toujours aussi particulière) avec des cartes à dorures assez jolies. Le thème n’a bien évidemment que peu d’importance, mais l’asymétrie créée ensuite par les objectifs différents rajoute un peu de piment. On se doit d’observer ce que font les autres joueurs, ce qu’ils laissent et surtout ce qu’ils recherchent. Être le premier à poser sa combinaison, c’est aussi ouvrir pas mal de possibilités pour que les adversaires en one-shot, posent à leur tour leurs combinaisons et se servent des nôtres pour défausser leurs mains.

Content de la découverte.

Kenny (sympa)
Aurélie (adore)

Interactions – Nature sans pitié

Prochaine sortie à venir fin juin chez Opla, que nous avions déjà essayée lors du Vichy 2025 et qui s’avérait déjà très prometteuse. Ici testé dans une version prototype quasi définitive, c’est un jeu de placement de tuiles pour 2 à 4 joueurs (avec une variante par équipe en plus pour le mode 4 joueurs en 2vs2 que nous n’avons pas encore testé). Vos tuiles vont correspondre à une interaction entre espèces avec une face claire au recto (et une valeur), ainsi qu’une face foncée au verso (et une autre valeur). L’iconographie de la tuile représente la manière avec laquelle elle va interagir avec les autres tuiles claires ou foncées, suivant leurs positions.

À partir de nos 7 tuiles, on en choisit 2 qu’on place au-dessus des 5 autres et à notre tour, nous devrons la placer adjacente orthogonalement à une autre tuile déjà présente (sauf la 1ère bien sûr). Et cela retournera potentiellement des tuiles adjacentes si elles correspondent aux icônes de votre tuile et sont sur la bonne face.

C’est vraiment très malin. On oublie le thème un peu vite au profit d’une mécanique épurée et très efficace. Les tours s’enchaînent à grande vitesse, les choix sont nombreux à notre tour mais précis et anticiper les actions des autres et le positionnement de nos tuiles demandent un peu de technicité. Pour ne rien gâcher, le travail d’illustration est canon et c’est toujours fabriqué entièrement en France avec le savoir-faire des Jeux Opla. C’est très bon, c’est local et on t’en reparle à coup sûr dès qu’on mettra la main sur la version définitive pour le creuser un peu plus. Hâte de voir aussi le livret qu’on retrouvera dans la boîte qui va avec tous les jeux de cette gamme.

Kenny (adore)
Aurélie (Sympa)

Fantômes à foison

Encore un jeu de tuiles mais cette fois dans un univers minier avec des fantômes en tout genre. Dans Fantômes à foison, il faudra, après 8 manches, remplir son tableau de 3×3 pour créer des chemins de rails entre les portes des côtés et trouver comment positionner les différents monstres et fantômes pour récolter le plus de points possible. Chaque fantôme va avoir son scoring. Ça rend les choix assez riches, mais le scoring de fin d’une grande pénibilité … L’autre originalité réside dans la sélection de tuiles à chaque manches. Avec une pile de 9 tuiles pour la manche, le joueur actif retourne la 1ère, et peut la réserver en plaçant son chariot dessus ou passer. S’il passe, il laisse la tuile visible. Le joueur suivant pour piocher et faire de même ou réserver une tuile déjà laissé par un joueur précedent. S’il ne reste qu’un joueur n’ayant pas reservé, le dernier joueur pourra choisir parmi toutes les tuiles restantes.

En plus des chemins (droits/ronds ou de croisements) à essayer de faire concorder pour rejoindre les portes normales ou les deux portes spéciales, il va falloir optimiser les scoring. Les Loups garoux rapportent 4 points chacun et 10 pour le joueur en ayant la majorité, Les chauves souris 5 si adjacente à une autre, les Feux des points cumulatifs si on attend 1,4 ou 7 feux, les Dragons, 1 point par dragon chacun ou -5 si aucun dragon dans votre mine, … Bref, vous avez le topo. Pas déplaisant à jouer mais nous avons trouvé sur notre partie à 5 que le jeu manquait vraiment de punch avec des choix pas si engagant que cela et un scoring plus long que le jeu. Ca plaira probablement à d’autres mais nous on passe notre tour.

Kenny (bof)
Aurélie (bof)

Transorient Express

Transorient Express est un très joli jeu de collection sur un thème de voyage.

Au centre, nous allons avoir plusieurs colonnes (4 dans notre partie à 3), ayant sur la ligne du haut, une carte, sur la ligne du milieu, une autre carte, et sur la ligne du bas, 3 meeples wagons.

À chaque tour, nous allons devoir soit prendre les wagons d’une colonne et défausser la carte du dessus, soit prendre la carte du milieu et défausser les wagons du dessous. Puis, si on le souhaite, jouer une carte de notre main. Les cartes vont représentés une étape du voyage (via un numéro de 1 à 7), avoir une couleur, et demander une certaines combinaisons de wagons pour pouvoir la placer. Elle aura en plus, des points de victoires direct ou sous conditions et potentiellement un petit pouvoir, comme de prendre une carte malette (petit gain) ou d’agrandir sa limite de wagons (5 au départ) ou d’avoir un wagon permanant d’une couleur (comme une carte à Splendor).

Chaque partie comportera aussi 3 objectifs publiques. Dans notre partie d’essai, ceux ayant un certains nombres de passeport au moins (présents sur certaines cartes et malettes), ceux ayant 2 cartes jaunes et 2 cartes bleus, et ceux ayant fait le plus grand voyage (ininterompu en démarrant de la carte 1 jusqu’à au plus grand numéro possible).

La partie s’arrête lorsqu’un joueur pose sa 7ème carte. Sans être d’une originalité folle avec pas mal de manipulation toutefois, le jeu reste très agréable et roule sans temps morts. L’interaction est plutôt indirecte dans le choix des cartes et wagons et les objectifs publics. Bonne idée aussi sur la gestion du 1er joueur remis en jeu à chaque tour sur une colonne non encore choisi par le joueur qui possédait le jeton. C’est magnifiquement édité (et le tapis présent sur notre table ajoutait encore un peu de présence) et superbement illustré. Transorient Express est un jeu qui mérite potentiellement une meilleure visibilité.

Kenny (sympa)
Aurélie (adore)

Pyramire

Sortie plutôt récente avec ce jeu de course et de cartes à moteur plutôt intriguant où l’on repère forcément ces 3 pyramides en bois sur un plateau central de 3×3 !

En début de tour, on pourra pivoter d’1 tour une des pyramides puis gagner les ressources que nous voyons depuis notre position. Ensuite réaliser des actions parmi les 4 suivantes autant de fois que souhaités :

  • nous pourrons défausser une carte pour une ressource des tombeaux ou du nil,
  • ou deux cartes pour une ressource solaire.
  • jouer une carte de notre main (en payant les ressources nécessaires). Certaines cartes font gagner des PV.
  • Activé le pouvoir de la carte (en orientant la carte à 90°) si les pyramides sont correctement positionnées.

En fin de tour, on redresse nos cartes puis on pioche une nouvelle carte.

Au début, nous démarrerons aussi la partie avec une carte Déité, nous donnant un pouvoir asymétrique pour toute la partie. Chaque joueur aura les mêmes 3 cartes de départ, et un deck propre (contenant les mêmes cartes, mais dont l’ordre sera indéfini puisque mélangé). La partie s’achève dès qu’un joueur à positionner 8 cartes ou atteint les 40 points de victoire.

Le jeu propose donc des combos à foisons et une programmation que j’ai trouvé extremement gratifiante mais assez technique dans la gestion de ses ressources, du positionnement des pyramides et de son moteur. On peut donc alterner les activations de cartes, jouer une carte, déplacer une pyramide, en activer une autre, défausser pour reprendre des ressources, etc … La contrepartie qui va avec cela c’est que certains tours peuvent être vraiment long, sans compter l’Analysis Paralysis que le jeu peut provoquer. C’est ce qui a sorti Aurélie de la partie. Niveau édition, c’est très propre. La cover ne m’attirait pas vraiment mais les cartes du jeu sont plutôt jolies.

Clairement pas parfait, mais suffisament remarquable et avec de bonnes idées pour que ca vaille le coup de se renseigner dessus si vous ne l’aviez pas dans le radar. Dommage que ca n’ait pas plus à Aurélie, j’aurais bien voulu retenter l’expérience et repartir avec.

Kenny (adore)
Aurélie (bof)

To me ! … or not to me ?

C’est un jeu que nous avions déjà essayé lors de notre précedent Cannes, mais que nous avions beaucoup apprécié. C’était l’occasion de le faire découvrir à nos amis joueurs du jour avec qui nous étions à OctoGônes pour confirmer (ou non) cette bonne impression.

Pour rappel, voici ce qu’est To me … or not to me ?. C’est un jeu coopératif d’association d’idées. Ici, chacun va avoir un mot devant son paravent, que tous les autres joueurs vont voir, sauf lui. On va avoir 3 cartes indices avec écrit au dos, le numéro du paravent auquel l’indice devra correspondre. Il faudra écrire un mot sur cette carte (au recto) et la placer devant notre paravent, si c’était un numéro d’un autre joueur. Si c’était notre numéro, on pourra écrire un mot pour le joueur de notre choix. On va jouer tour à tour et on devra soit placer une carte devant notre paravent pour donner un indice à quelqu’un (sans qu’aucun joueur ne sache qui est concerné par l’indice), ou poser un des 3 pions “points d’interrogation”, devant un joueur pour qu’il tente de deviner son mot avec l’aide des indices présents tout autour. Si il réussit, le pion retourne au centre et les indices non encore présentés lui correspondant deviendront des jokers, sinon on couche le pion. Ces pions représentent les vies du groupe et conduiront à une défaite si les 3 pions sont couchés avant d’avoir trouvé tous les mots.

Cette deuxième partie confirme tout le bien que je pense de ce jeu qui permet d’avoir une excellente alternative à l’indémodable Just One. La déduction nécessaire pour à la fois, associer les indices aux bons mots, mais aussi comprendre que ceux qui n’ont pas l’air d’être rattaché sont peut être pour nous. Très malin, avec une petite victoire à la clé et tous les joueurs convaincus par cette proposition.

Kenny (adore)
Aurélie (adore)

Nous avons aussi essayé quelques autres jeux sur lesquels on ne va pas rentrer en détail :

  • Denko, sorte de Taco Chat Bouc, … Pas notre style du tout.
  • Versailles Garden, un prototype de Fabien Gridel avec Nicolas Oury dont la mécanique de choix de tuiles originale ne nous a pas convaincu. Le jeu étant en proto chez Ludically, il pourrait encore bouger donc on va plutôt suivre son évolution.
  • Spell chez Nuts, entre le bruit, la fatigue, l’explication, nous n’avions plus l’energie et avons arrété notre partie.

Voilà pour cet OctoGônes nouveau format à l’Eurexpo. Que dire déjà du lieu ? Il est autrement plus agréable que l’Espace double mixte que nous n’aimions vraiment pas. On sens l’espace, on a enfin de la luminosité et des vrais parkings (payant et assez cher par contre …). Bonne organisation aussi à noté sur l’espace foodtrucks plutôt bien fourni avec pas mal d’espaces encore pour manger tranquillement.

Merci de nous lire et à très bientôt.

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