Charterstone

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Charterstone, c’est koa ?

Un jeu de pose d’ouvrier Legacy compétitif où tu joueras l’un des six sujets envoyé par le Roi pour bâtir un nouveau village. Chaque joueur prendra possession de l’une des six zones du plateau. Il devra pendant la campagne de 12 parties construire de la meilleure des manières possible son village, en collant des stickers présent sur des cartes constructions sur son plateau de jeu, et en réalisant des missions pour le compte du Roi.

Les jeux Legacy sont des jeux qui vont évoluer avec le temps. Cela peut se représenter de différentes manières : une partie peut par exemple impacter les suivantes, le matériel peut être modifié/altéré, etc. Ce sera le cas ici car Charterstone fait partie des Legacy dit “destructeur” ou le matériel pourra être altéré, modifié ou détruit. Âmes sensibles, s’abstenir 🙂

Ce jeu de Jamey Stegmaier est sorti il y a quelques années, chez Stonemaier Games et localisé en france par Matagot. C’est illustré par David Forest, Lina Cossette et Gong Studios.

Après 1 an et demi de campagne, des hauts et des bas, nous venons tout juste de finir notre campagne de Charterstone. C’est donc temps de faire un debrief sur ce jeu clairement à part.

Pour ne pas te gâcher l’expérience de jeu, ce test ne comportera aucun spoiler, des photos très neutre et un très bref aperçu des règles en début de campagne.

Comment on joue ?

Charterstone est donc un jeu de pose d’ouvrier. Chaque joueur aura deux ouvriers, un petit et un plus grand, et douze jetons d’influence servant à différentes actions. Il y aura de l’argent et six types différents de ressources :

  • Argile
  • Métal
  • Bois
  • Charbon
  • Citrouille
  • Blé

Un tour consistera à envoyer un ouvrier sur une des zones du plateau, à faire l’action en payant le coût du bâtiment, et à réaliser le pouvoir du bâtiment, puis à passer au joueur suivant. En plus des innombrables pouvoirs différents que tu vas découvrir au fur et à mesure de la campagne sur les bâtiments collé par toi et les autres joueurs sur le plateau, nous allons retrouver 3 actions un peu particulières : 

  • Le Dirigeable qui permet de construire une carte bâtiment en ta possession sur un hexagone libre de ton village. De gagner 5 points de victoire.
  • La Charterstone qui permet l’ouverture d’une caisse. Caisse que tu retrouves sur les cartes bâtiments et qui seront accessible une fois le bâtiment construit uniquement. Ces caisses rapporteront 5PV, et feront avancer le jeu en te faisant gagner de nouvelles cartes et en ajoutant potentiellement des règles et nouveaux éléments de jeu.
  • La Tribune : A chaque partie, il y aura des objectifs à réaliser, objectifs rapportant des points de victoire. Pour réaliser un objectif, il faudra par exemple aller sur l’un des bâtiments de la zone centrale, la Tribune, et dépenser un jeton d’influence ainsi que 4 pièces pour valider cet objectif en positionnant un jeton d’influence sur la carte.

Ce sont les trois actions qui feront avancer le jeton progrès représentant l’avancée d’une partie. Puisqu’une fois sur la dernière case de la piste, la partie s’arrêtera immédiatement.

Deux autres actions seront assez importantes, car synonymes de gain important de PV : 

  • Le tableau des quotas qui permettra de faire des dons divers au Roi pour remporter de précieux PV.
  • La piste de réputation qui permettra de faire monter ta réputation pour remporter en fin de partie des PV en fonction des majorités d’influence sur cette piste.

C’est tout ce que nous dirons sur les règles, pour ne pas réduire le plaisir de découverte lors de tes parties.

Pour les enfants :

Charterstone n’est clairement pas un jeu très accessible pour commencer. Malgré son design mignon et coloré, le jeu deviendra assez vite exigeant en termes de possibilité, le faisant plus lorgné vers du jeu expert que du jeu familial. Maintenant, une fois cela dit, il a tout de même l’avantage de part son côté Campagne, d’introduire les règles de manière assez itératives. Les premières parties seront plutôt simples, limité en règle. Ensuite, au fur et à mesure des parties, les choix et possibilités deviendront de plus en plus nombreux. Si tes enfants ont une certaines habitudes de jeux, mais que tu souhaites les emmener progressivement sur des jeux complexes, ce pourrait être un bon candidat.

En plus de cet ajout de complexité progressif, Charterstone a pour lui un univers très coloré et sympathique qui plaira facilement à tous. L’idée de construire son propre village en nommant ses personnages, et en choisissant les bâtiments à construire à l’intérieur via des autocollants est juste excellente, et superbement réalisée. Cet élément rajoute une immersion très forte dans les choix fait lors des parties.

L’aspect Légacy apporte une originalité folle à Charterstone qu’on voit dans assez peu de jeux, et le renouveau apporté par chaque caisse ouverte ou fin de partie permettra d’avoir une campagne plutôt rythmée composée d’éléments donnant une belle envie d’y retourner.

Nous recommanderons donc Charterstone dès 10 ans minimum avec une certaine expérience de jeu, 12/14 ans sinon.

Les parents, vous en pensez koa ?

Les legacy compétitifs et familial ne sont pas légions dans le monde du jeu de société. On trouve d’excellents jeux experts Legacy en compétitifs (Gloomhaven par exemple), mais peu en familial, ou alors ce sont des jeux coopératifs (Zombie Kidz Evolution, Pandemie Legacy …). Charterstone boxe donc un peu seul dans sa catégorie au niveau du legacy, même s’il lorgne assez vite vers le bas (en difficulté) des jeux experts (ou le haut des jeux familiaux). Par contre sur le côté pose d’ouvrier, il y a plutôt du monde et c’est peut être l’un des reproches qu’on pourrait lui faire, car il est plutôt classique de ce côté là et apporte peu d’innovations. Mais c’est bien là le seul reproche qu’on peut faire sur le cœur du gameplay tellement riche et complet par ailleurs grâce à l’aspect campagne Legacy.

La plus grosse originalité du jeu vient donc de cet aspect Légacy sur de la pose d’ouvriers combiné aux cartes bâtiments dont une partie sera décollable pour être posé comme un autocollant sur le plateau. C’est juste génial et extrêmement bien réalisé ! Certaines cartes bâtiments avec une caisse sur le haut seront toujours utilisable une fois construites et permettront via le bâtiment Charterstone d’ouvrir une caisse et de découvrir de nouveaux éléments de jeux que nous garderons sous silence.

Le jeu va donc devoir être joué de 1 à 6 joueurs sur une campagne de 12 scénarios (soit 12 parties), pour atterrir une fois la campagne finie sur un jeu unique suivant les choix que tu auras fait. Il est vraiment recommandé de conserver le même groupe de jeu du début à la fin de la campagne, cela n’aura pas la même saveur sinon. En dessous d’un certains nombres de joueurs, il sera recommandé d’ajouter un ou plusieurs Automa simulant de faux joueurs. Il sera difficile pour nous d’en parler, ayant réalisé la campagne à 4 et n’ayant pas pu tester le jeu dans d’autres configurations. Le plateau est recto verso et permet de réaliser deux campagnes complètes. Pour faire une deuxième campagne, il faudra toutefois faire l’acquisition d’un pack de recharges des cartes (à moindre prix versus le jeu de base).

En partant de règles assez basique (je pose un ouvrier sur un bâtiment pour faire une action, ou je reprends les ouvriers présents sur le plateau si je n’en ai plus), le jeu va progressivement rajouter des règles, de nouveaux éléments de jeux, de nouvelles cartes et de nouvelles manières de scorer pour devenir de plus en plus riche au fil des parties. Chaque ouverture de coffre ou fin de partie amènera cette petite excitation de découvrir de nouvelles choses et même certaines fois un effet “wahou” très sympa !

Charterstone est donc vraiment une expérience à part ! Les parties vont osciller entre 1 heure et 1 heure et demie suivant les consignes de la partie en cours et les cartes objectifs ou développement présentes. Prévois par contre un bon temps d’assimilation des règles, car les questions sont nombreuses sur les premières parties, et un recours à la FAQ du jeu en ligne quasi obligatoire. On notera aussi quelques petits soucis (voir oubli sur une carte !) de traduction rendant certains textes difficilement compréhensibles. Mais le jeu en vaut clairement la chandelle.

Nous gardons donc un excellent souvenir en famille de cette campagne et de nos 12 parties (même si Kylian commençait à se lasser vers la fin de la campagne). Difficile d’en dire beaucoup plus sur ce jeu car nous risquerions vraiment de gâcher l’une des nombreuses surprises que te réserves Charterstone ! Un jeu imparfait, mais réellement attachant et original.

Les enfants, vous en pensez koa ?

Célya ➡️Coup de Coeur
Célya (13 ans)

Moi j’aime énormément ce jeu et je trouve que c’est l’un des meilleurs jeux legacy ou campagne que nous avons pu faire ! Il y a énormément de manière de gagner des points, et beaucoup de stratégies au fil des parties. En plus des règles de base, on a le droit à certaines cartes objectif du roi de notre royaume par partie, qui seront à réaliser en fin de manche. Par rapport à ça, nous ne sommes pas obligés de les accomplir : c’est soit vous décidez, tous ensemble de les réaliser en faisant attention aux contraintes données, pour y gagner des privilèges de la part du roi qui pourront probablement vous aider pour les prochaines parties. Soit vous décidez de faire votre partie avec vos propres stratégies, et donc allez à l’encontre des attentes du roi ; sachant que vous aurez sûrement des contraintes plus ou moins embêtantes pour les parties à venir.

En parlant de nous 4, c’est vrai que nous n’avons pas forcément jouer sur ça, et je pense qu’on aurait eu beaucoup plus de privilèges si nous avions respecter les objectifs du roi ! Donc je trouve ça super car en fin de partie on avait tous hâte de découvrir les contraintes qui vont nous être imposées pour les manches suivantes, et parfois ça change complètement notre manière de jouer 🙂

Puis je trouve que c’est super palpitant quand on s’apprête à ouvrir des nouvelles boîtes, car le contenu qu’il peut y avoir à l’intérieur de chacune est vraiment top, et c’est ce qui fait tout le charme du jeu ! Et j’aime beaucoup le fait de voir évoluer sa ville chacun, car tout le monde possède sa propre ville. Au début on part tous de 0 et on va devoir trouver nos propres stratégies afin d’évoluer progressivement dans le jeu, ou encore de pouvoir renforcer les capacités de ses personnages. C’est vrai que maintenant, si nous devions recommencer toute la campagne, à mon avis je ne jouerais vraiment pas de la même manière que j’ai pu jouer au début de la partie, et finalement je gagnerais plus de parties qu’en début de campagne. Mais justement je trouve que c’est marrant de voir la façon dont on a évolué durant celle-ci. Aussi je tenais juste à ajouter que les matériaux que nous pouvons trouver dans les boîtes “mystère” sont superbes car une fois nous sommes tombé sur une “……..” (note de Papa : j’ai caché le mot pour ne pas divulguer l’une des surprises) (pour une contrainte de partie), et j’ai trouvé ça géniale, et je m’y attendais vraiment pas !


Kylian (9 ans)
Kylian (9 ans)

J’aime bien Charterstone avec les cartes qu’on décolle, pour les mettre sur mon village. J’ai trouvé ça dommage qu’au bout d’un moment, une fois plein, on ne pouvait plus coller de nouveaux bâtiments dans notre village. J’aimais bien ouvrir des caisses aussi pour gagner plein de surprises et même des fois des nouvelles règles. C’était bien de pouvoir écrire sur certaines cartes et choisir nos noms. J’ai moins aimé vers la fin de la campagne, car les règles changeaient un peu, et j’aime pas trop quand on a des contraintes. Il y a quelques ajouts de règles que j’ai trouvé trop bien, mais je ne peux pas en parler pour pas tout spoiler.

Au final, on en pense koa ?

Une campagne haute en surprise et à l’aspect narratif sympathique.
Un matériel incroyable (ces cartes bâtiments avec stickers sont géniales).
Des possibilités impressionnantes via les nombreux bâtiments et cartes développements.
Une sensation de créer son propre terrain de jeu assez rare.

Une fois la campagne finie, même si le jeu le permet, l’envie d’y retourner est moindre.
Des règles à tiroirs complexes à appréhender suivant les ordres d’ouvertures de boites. Recours à la F.A.Q. obligatoire !
Un peu classique sur l’aspect pose d’ouvriers.

1 à 6
60mn
14 ans et +
Par
Jamey Stegmaier
Distributeur
Matagot
Editeur
Stonemaier Games
Illustrateur
David Forest, Lina Cossette, Gong Studios

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