Couleurs de Paris

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Couleurs de Paris, c’est koa ?

C’est un jeu de poses d’ouvriers de Nicolas De Oliveira chez Super Meeple, qui se situe dans le superbe cadre de Montmartre. Allez, on sort nos pinceaux ! Tu rejoins une compétition amicale dans le grand atelier d’artistes peintres « Le bateau lavoir » afin de déterminer qui en prendra la tête. Dans Couleurs de Paris, tu devras réaliser des commandes à la manière de grand peintres.

Mise en place

On va commencer par :

  • Séparer chaque pigment par couleur.
  • Placer les jetons Points de prestige triés par type de développement.
  • Faire une pioche avec les cartes Tableau et placer les 4 premiers de la pioche sur les chevalets prévu à cet effet.
  • Distribuer ensuite un plateau individuel à chaque joueur, 3 meeples assistants, 3 marqueurs à sa couleur et 3 pigments de couleurs (1 rouge, 1 jaune, 1 bleu).
  • Mettre un marqueur sur la case la plus à gauche de chacun de nos outils sur le plateau individuel.

En fonction du nombre de joueurs, nous allons aussi bloquer certaines zones d’actions avec les jetons fournis à cette effet.

Comment on joue ?

Le plateau de jeu est donc composé de deux parties, le plateau de base qui contient sur l’extérieur des cases dans lesquels tu pourras placer les assistants, et un plateau rond posé par dessus, qui contient deux anneaux (un inférieur et un supérieur), chacun composé de plusieurs cases d’actions. Ce plateau rond aura la particularité de tourner d’une case vers la droite à chaque tour (ou de 0 ou 2 cases si un joueur active ce pouvoir particulier).

Le plateau individuel représente quant à lui, la qualité de nos outils en tant que peintre. Sur la droite, on stockera les pigments de peinture récupéré pendant la partie avec une limite de 12 maximums (hors pigments noir qui ne compte pas dans la limite). Sur la gauche on retrouve trois lignes correspondant à nos trois outils :

  • Le tube de peinture : qui permet de définir sur les actions de récupération de pigments de couleurs primaire, le nombre de pigments que l’on peut récupérer.
  • La palette : qui permet de définir sur les actions de mélange de couleurs primaires, le nombre de pigments de la couleur secondaire générée que l’on peut récupérer.
  • Le pinceau : qui permet de définir sur l’action « Peindre », combien de pigment on peut placer sur ses tableaux.

Ces lignes ont 10 niveaux, et le jeu démarrera tout à gauche sur chacune des lignes.

Le plateau personnel en début de partie.

À chaque tour, en commençant par le 1er joueur, on devra poser un de nos meeples assistants sur une des cases disponible du plateau, mais sans en réaliser l’action, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tous les assistants des joueurs soient posés sur le plateau de jeu. Chaque case action ne peut supporter qu’un assistant, sauf la case centrale du plateau supérieur.

Ensuite, en repartant du 1er joueur, il devra réaliser dans l’ordre de son choix les actions de chacun de ses assistants. Une fois l’action réalisée, on couche l’assistant pour le distinguer des autres.

Une fois que tous les joueurs ont réalisé l’action de chacun de leurs artisans, chacun en relève un, qui restera à la même position, puis on fait tourner le plateau d’une case vers la droite, sauf si un joueur était sur l’action qui permet de ne pas faire avancer le plateau ou de le faire avancer de deux cases.

On enchaine comme cela jusqu’à la fin de la partie, dès que deux tableaux complets ont été réalisé par un même joueur, ou que le cinquième cube noir ait été récupéré.

Parlons un petit peu des actions présente dans le jeu en commencant par le plateau inférieur :

  • Récupérer une couleur primaire : qui permettra de prendre, en fonction du niveau de son outil « Tube de peinture », un nombre de pigments de la couleur primaire correspondante.
  • Mélanger deux couleurs primaires : qui permettra de prendre, en fonction du niveau de son outil « Palette », un nombre de pigments de la couleur générée avec le mélange.
  • Mélanger les trois couleurs secondaires : afin de récupérer un cube noir, qui sera inutile sur nos tableaux, mais rapportera 6 points de prestige en fin de partie.
  • Améliorer un outil : qui permettra de faire monter d’un niveau l’outil correspondant. À la sixième case d’un outil, on devra choisir entre deux bonus. Soit 6 points de prestige, soit un assistant supplémentaire. Sur la dernière case d’un outil, on obtiendra 10 points de prestige (4 seulement si nous avions pris les 6 points lors du premier bonus).
  • Prendre une carte tableau : en choisissant l’une des 4 cartes disponibles sur les chevalets. On ne remettra des cartes sur les tableaux qu’en fin de manche.
  • Peindre : qui permettra de poser autant de pigments de couleur que le niveau de notre outil « Peindre » sur des tableaux précédemment récupérés. Les pigments blancs, servent de joker mais te pénaliserons de deux points de prestige chacun en fin de partie.

Le plateau supérieur contient lui les actions suivante :

  • Premier joueur : permet de récupérer le jeton premier joueur et un pigment blanc.
  • Copiste : permettra de copier la position et l’action d’un assistant encore debout.
  • Rotation du plateau action : permet de définir si le plateau tournera de 0 ou 2 cases en fin de manche.
  • Récupérer du blanc : pour prendre un pigment blanc.

En fin de partie, on va additionner :

  • Les points réalisé sur ses tableaux terminés.
  • 6 points par cube noir
  • Les points de prestige des bonus

Et enlever à ce total :

  • 2 points par pigment blanc sur ses tableaux terminés

Le gagnant est celui avec le plus grand nombre de points de prestige.

Mode avancée

Le jeu propose deux modules différents pouvant être ajouté ensemble ou séparément au jeu de base :

  • Les cartes Bonus : Elles permettent, sur l’action peindre, de prendre une carte Bonus à la place de l’action en la payant avec des pigments blancs.
  • Les Tuiles Peintres : On distribuera deux tuiles aléatoirement à chaque joueur, qui en choisira une et la placera dans l’encoche à gauche de son plateau individuel. Cette tuile lui donnera un pouvoir disponible pendant toute la partie en fonction du Peintre de cette tuile (Cézanne, Monet, Renoir …). Ce qui donne un départ asymétrique au jeu.

Pour les enfants :

Couleurs de Paris se situe dans les catégories intermédiaires (Familial+ ou Expert- suivant les personnes). Un format de jeu entre 45 minutes et 1 heure 20 environ, avec 10 bonnes minutes de règles pour expliquer le jeu. Ceci va rendre le jeu assez peu adapté en dessous de 8-9 ans, mais plutôt en faire un bon candidat au dessus.

Le thème est bien présent et on prend plaisir à récupérer des pigments de couleurs primaires, pour les mélanger et devenir des couleurs secondaires. Puis placer le tout sur nos tableaux. Le matériel de très bonnes qualité et les nombreux pigments de couleurs aident aussi à le rendre accessible aux jeunes gamers.

Le jeu mélange un grand nombre de mécaniques (Programmation, Blocage, Opportunisme, Placement d’ouvriers, Gestion de ressources, et Course à la victoire) tout en restant agréable, fluide et bien équilibré, ce qui rend le jeu passionnant mais exigeant dans cette gamme. Toutes ces mécaniques en font un chouette jeu avec plusieurs stratégies parallèles qu’il faudra à certains moments savoir contrer. Pas évident à jouer sans une certaine expérience de jeu, mais c’est cette richesse qui le rend si sympathique.

Et là, on ne parle que de la version de base. Les règles avancées, avec deux modules disponibles qui peuvent se combiner ajoutent en complexité et seront plutôt à réserver aux plus grands.

Attention toutefois à l’aspect blocage assez important, qui peut se révéler frustrant pour les plus jeunes, qui devront vraiment anticiper chacun de leurs coups, mais aussi des coups adverses pour ne pas se faire chiper la place qu’ils espéraient tant !

Les parents, vous en pensez koa ?

Couleurs de Paris fait partie de cette gamme de jeu que nous apprécions beaucoup : des règles riches mais pas complexe pour autant, qu’on explique en moins de dix minutes, avec plusieurs axes stratégiques de développements (les tableaux, les cubes noirs et la course), sur une durée d’environ 1h15 à 4 joueurs et une bonne interaction entre joueur. Ce n’est pas forcément le type de jeu que l’on sort un soir de semaine avec les enfants, mais c’est un candidat idéal pour les weekends ou les soirées entre amis. On aurait presque aimé qu’il soit un peu plus court pour qu’on puisse le sortir un peu plus souvent.

Les mécaniques du jeu sont plutôt nombreuses, et vont demander :

  • De la programmation, afin de prévoir ses 3 assistants et l’ordre dans lequel on exécutera nos actions par la suite.
  • De l’anticipation, car il faudra suivant l’ordre du tour se battre pour des positions potentiellement précieuses et impacter notre programmation, mais aussi anticiper la rotation future de la roue et en tenir compte sur notre placement.
  • D’opportunisme, puisque cette rotation peut être modifiée par une action, et de l’opportunisme aussi sur le placement des assistants, puisqu’en fonction des autres joueurs, nous n’aurons plus forcément accès aux actions souhaitées.
  • De la gestion de ressources et de l’optimisation, puisqu’il faudra bien gérer la récupération des couleurs en fonction des tableaux que l’on veut prendre ou réaliser.
  • De bien observer les actions des autres joueurs. Le jeu contient pas mal d’interaction et on peut facilement bloquer les autres joueurs, ce qui en fait un jeu un peu taquin.
  • De la vitesse, puisque le tout est emballé dans une course, car le jeu s’arrêtera dès qu’un joueur termine deux tableaux, ou récupère-le 5ème pigment noir.

En plus d’être très joli, on apprécie beaucoup la présence d’un thème assez fort qui donne une saveur toute particulière à ce Couleurs de Paris. Le plateau d’actions tournant est une superbe idée, et apporte un aspect très stratégique à notre positionnement et aux actions que l’on doit effectuer.

On peut aussi noter le matériel impeccable. Entre le plateau tournant, les chevalets pour afficher les tableaux disponibles, les plateaux personnels à double épaisseur permettant de ne pas faire glisser les marqueurs au moindre mouvement, les nombreux cubes de couleurs bien dynamique et les superbes illustrations de Fabrice Weiss.

C’est en tout cas une belle découverte dans cette gamme intermédiaire, qui peut devenir encore plus riche avec les ajouts des règles avancées.

Les enfants, vous en pensez koa ?

Moi déjà, j’aime comment est fait le plateau du jeu ainsi que notre plateau individuel, en gros le design quoi. 🙂  Je trouve que c’est hyper sympa de faire ses tableaux grâce aux cartes, en fonction des couleurs et de l’emplacement des pigments, en tout cas moi je trouve ça super agréable. Une autre chose qui est vraiment bien, c’est que de manches en manches durant toute la partie, on n’aura jamais les même possibilités pour jouer car il y aura 2 cases qui seront donc cachées par la roue, et puis en plus quand on tourne celle-ci, notre meeple restant se retrouvera sur une case que l’on n’avait pas forcément choisie au départ ! Et je trouve ça super parce que du coup rien ne rend le jeu “monotone”, il y a toujours des va-et-vient, et du coup on ne sait pas toujours à quoi s’attendre en fonction des meeples laissés debout par nos adversaires, et c’est aussi le côté un peu “hasardeux” du jeu nous obligeant à toujours s’adapter… Et aussi pour les mélanges de couleurs : c’est peut-être bête dit comme ça mais je trouve ça sympa d’avoir intégré de devoir prendre des pigments rouges et bleu (les couleurs primaires), pour avoir du violet (couleur secondaire) par exemple. Car on aurait pu avoir un pigment violet, un jaune, un rouge, un vert, et un orange directement sans avoir à passer par la palette, mais finalement c’est beaucoup mieux comme ça car ça rajoute plus de stratégies, et ça reflète parfaitement la réalité, bah oui !

Célya (12 ans)

Je trouve les dessins jolis et bien fait, et le fait de poser des ouvriers pas facile, parce qu’il faut beaucoup réfléchir à ce que tu vas faire, en espérant que les autres ne vont pas te voler des places sur le plateau qui tourne. J’aime le principe des couleurs avec les couleurs primaires, et les couleurs secondaires ou il faut bien mélanger les bonnes couleurs primaires pour les fabriquer. Ce que je n’aime pas trop dans Couleur de Paris, c’est que des fois, on ne peut pas faire les actions qu’on a envie de faire. Soit parce qu’un autre joueur l’a pris, soit parce que c’est bloqué en fonction du nombre de joueurs. Et je trouve ça un peu énervant.

Kylian (9 ans)

Au final, on en pense koa ?

Un chouette thème, très joliment illustré.
Le plateau tournant, et l’obligation de laisser un assistant à chaque manche.
Une interaction très présente de blocage et de placement.
Le matériel et l’édition impeccable.
Déjà riche (et pour nous amplement suffisant) dans sa version de base, il se paie le luxe d’ajouter deux modules avancées pour ajouter du gameplay et de la complexité.

Peut être très frustrant si les adversaires nous bloquent beaucoup et qu’on ne reprend pas le jeton 1er joueur.
On aurait aimé qu’il soit un poil plus court au niveau durée.

2 à 4
60min
10 ans et +
Par
Nicolas De Oliveira
Editeur
Super Meeple
Illustrateur
Fabrice Weiss

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