My City

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My City, c’est koa ?

C’est un jeu compétitif de pose de tuiles legacy qui propose une campagne de 24 épisodes divisée en 8 chapitres de 3 épisodes chacun. Le jeu est l’œuvre du maitre Reiner Knizia, auteur de jeux de société très prolifique, illustré par Michael Menzel et a fait parler de lui par une nomination au Spiel de Jahres connaisseur cette année (remporté par The Crew).

Te voilà parti avec un groupe fixe de 2 à 4 joueurs pour développer ta cité sur un tout nouveau territoire.

Ce test est garanti sans Spoiler (autre que celui du 1er épisode).

Comment on joue ?

Chacun des joueurs prend un plateau personnel sur lequel il écrira son nom en haut à gauche, puis l’ensemble des pièces Rouges, Bleues et Jaunes correspondant à son plateau. Ces pièces (8 par couleurs) représentent des bâtiments qu’il faudra placer pour réaliser le plus de points à la fin de chaque épisode. Chacun va aussi placer son marqueur score sur la case 10, pour démarrer la partie avec 10 points de victoire.

Pour commencer la campagne, il faut ouvrir l’enveloppe correspondant au 1er chapitre et découvrir la petite introduction scénaristique ainsi que les règles de chaque épisode de ce chapitre.

Un paquet de cartes représente les 24 bâtiments et sera placé au centre de la table. Chaque tour consistera à tirer la carte du dessus et la révéler. Elle indiquera à tous les joueurs quelle tuile placer.

Pour placer une tuile, les seules contraintes sont que la première doit être placé avec un côté minimum adjacent à la rivière du centre du plateau, et les suivantes devront être adjacentes à une tuile déjà placée par au moins un côté aussi. Et c’est tout !

Un joueur a toutefois la possibilité de passer une tuile en perdant un point de victoire et en plaçant la tuile face cachée devant lui.

Il peut sinon décider de mettre fin à l’épisode sans placer cette tuile, en ne perdant pas de point, mais en sortant complétement de l’épisode en cours jusqu’à ce que tous les joueurs aient, eux aussi, terminés.

Sur ton plateau sont représentés des Montages et des cases Forêts non constructibles. Des cases avec des Rochers sont aussi présent et devront être recouvertes sous peine de perdre un point par Rocher visible en fin de partie. Les cases avec des Sapins rapporteront elles un point par Sapin visible en fin de partie. Les cases Prairies vides feront perdre un point.

La fin de partie sera prononcée lorsque tous les joueurs ont passés ou placés leur dernière tuile. Le gagnant sera celui avec le plus de points de victoire. En cas d’égalité, on parcourra les lignes de haut en bas et dès qu’un joueur possède moins de cases prairies vides sur une ligne que son adversaire à égalité, il passe devant au classement.

En fonction du classement des joueurs, chaque épisode donnera plus ou moins de bonus aux deux premiers (un ou deux cercles de Progrès à cocher, mais aussi quelques autocollants pour complexifier un peu son plateau) et aux perdants quelques bonus lui permettant d’augmenter les capacités de scoring de son plateau et d’espérer revenir dans la partie.

On peut ensuite passer à l’épisode suivant qui introduira systématiquement de nouvelles règles et de nouvelles façon de scorer. Une fois les trois épisodes du chapitre réalisés, les joueurs auront le bonheur d’ouvrir une nouvelle enveloppe et de découvrir l’évolution scénaristique et mécanique de la campagne.

Mode Éternité

My City propose en verso de chaque plateau joueur, un plateau correspondant à un mode de jeu non legacy : le mode éternité.

Il faut qu’un joueur ait au moins dépassé l’épisode 5, pour que les deux premières enveloppes aient été ouvertes. Il permet de jouer “en dehors” de la campagne avec d’autres joueurs. Ce mode correspond à peu près à l’état du jeu autour de l’épisode 9/10. Ce sera aussi un moyen pour les joueurs de continuer à jouer après la campagne. Attention toutefois, car il spoilera une partie des mécaniques que l’on découvre dans ces 10 1ers épisodes en risquant de gâcher un poil le plaisir.

Les parents, vous en pensez koa ?

My City était une sortie très attendue de notre côté. La promesse d’un jeu Legacy familial, court et addictif basé sur de la pose de tuiles nous enchantait déjà. Le nom de Reiner Knizia est aussi plutôt un signe de qualité et sa nomination au Spiel confirmait qu’il était à surveiller de prêt.

Une fois en main, le jeu est assez conforme à ce que l’on attendait. Le premier épisode pose les bases du jeu avec une pose de tuiles plutôt simple à base de contraintes de placement. On doit démarrer le long de la rivière et les tuiles suivantes doivent être adjacentes par au moins un côté à une tuile déjà placée. C’est simple et pourtant déjà un peu casse-tête, avec des choix pas évident à prendre. Puis plus la partie avance et plus il faut anticiper les positions des tuiles restantes. Le nombre et la forme des tuiles étant définies, on sait à tout moment les pièces qui vont arriver. Avec un scoring relativement simple, on entrevoit très vite le potentiel possible d’évolution du jeu.

Chaque épisode durant à peine 20/25 minutes, nous sommes en face d’un jeu qui s’avère terriblement addictif. La durée courte de chaque partie combinée à la découverte des spécificités de chaque nouvel épisode nous pousse à enchainer les parties. Et surtout lorsque l’on sait que tous les 3 épisodes, une nouvelle enveloppe est à ouvrir avec de chouettes petites surprises allant d’ajout de règles jusqu’à du matériel !

My City est recommandé pour 2 à 4 joueurs. Notre campagne ayant été faite à 4, nous recommandons clairement cette configuration, mais au vu du jeu, il se jouera très très bien aussi à 2 ou 3 joueurs. Pas sûr que les autocollants soit toutefois en nombre nécessaire pour faire 2 campagnes à 2 joueurs 🤔.

Le jeu étant basé sur de la pose de tuiles sous contraintes avec une nécessité de bien se repérer dans l’espace, la difficulté de placement va monter crescendo et chacune des poses de tuiles soulévera de plus en plus de questions. Le jeu étant recommandé dès 8 ans, cela nous parait un bon âge pour découvrir My City. Alors que le premier épisode démarre comme un jeu miroir, les gains/bonus après chacun des épisodes permettront à nos plateaux de se différencier de plus en plus. Le hasard est plutôt présent via la pioche unique, mais le fait de connaitre les tuiles restantes permet de contrôler un peu son plateau et la position des tuiles.

L’une des belles trouvailles de My City est son système de “Catch Up”, permettant aux joueurs étant 3ème où 4ème sur chaque épisode, d’obtenir tout de même des récompenses qui vont leur permettre d’avoir un plateau de jeu plus propice au scoring (ou moins contraignant). C’est malin et ça permet d’avoir un classement un peu élastique tout au long de la campagne et surtout de ne pas laisser des joueurs en retrait qui pourrait être trop loin au score sur la totalité de la campagne. Une campagne de 24 parties auraient pu être long pour certains joueurs sans cette trouvaille.

Le jeu, même si très abstrait, nous propose la construction d’une cité et son évolution dans le temps. L’aspect légacy représentant un peu l’évolution de nos terres au fur et à mesure. Chaque chapitre et la plupart des épisodes posent un petit texte d’introduction permettant de créer une petite atmosphère thématique, afin de faire coller les quelques règles et ajouts à l’évolution de votre monde. C’est plutôt appréciable.

My City s’impose tout d’abord comme un excellent jeu de tuiles familial avec des durées de parties courtes et efficaces de 30 minutes maximum. Son aspect Legacy lui ajoute en plus une addictivité forte qui pousse les joueurs à prolonger l’aventure et à s’adapter aux nouvelles règles et contraintes du jeu pour en renouveler l’expérience. Le tout accompagné d’un petit story telling plutôt sympathique et d’un système de catch up bien pensé afin de laisser tous les joueurs dans la course le long de ces 24 épisodes. Une vraie réussite rendant originale une mécanique de départ pourtant plutôt simple et classique !

Les enfants, vous en pensez koa ?

Célya ➡️Adore
Célya (13 ans)

Alors c’est vrai qu’au début j’ai eu un peu de mal à accrocher au jeu et j’avoue qu’à la première impression il ne m’a pas vraiment “emballé”, mais en fait au fur et à mesure des parties j’ai vraiment fini par adorer ce jeu, qui est très addictif d’ailleurs. Je pense que j’ai aussi eu du mal à trouver les bonnes stratégies, car au début j’étais souvent dernière, puis après suivant les règles qui correspondaient aux différents chapitres de la campagne, je pense m’être bien adaptées à celles-ci et c’est là où j’ai commencé à remplir des coches de victoires. Ensuite je trouve que les jeux est super équilibré, car même si l’on fini dernier ou 3ème, on a parfois des bonus qui nous permettront d’avoir un certain avantage par rapport aux joueurs ayant gagné les parties précédentes, donc je trouve ça vraiment bien. Et le fait qu’il y ai plusieurs changements au cours de la campagne, que ce soit pour les règles comme pour le plateau est aussi top parce que c’est vraiment ce qui fait qu’on garde goût au jeu, puis du coup ça nous donne envie d’enchaîner les parties pour ouvrir les prochaines enveloppes, découvrir ce qui va changer sur notre plateau, et c’est vraiment intéressant de voir comment les parties évoluent.


Kylian Sympa
Kylian (10 ans)

J’aime bien My City parce que c’est compliqué à chaque épisode de placer ces tuiles en fonction des règles de scoring. En plus, ça change à chaque épisode. J’aime bien ouvrir les enveloppes parce qu’on a envie de découvrir ce qu’il y a à l’intérieur. Pour ça, il faut d’abord finir les 3 épisodes de l’enveloppe en cours et ça donne envie de les finir pour ouvrir la prochaine. Pour mieux réussir, je mets les pièces sur les côtés de mon plateau pour savoir celle que je vais essayer de placer à cet endroit si possible et je mets les autres ailleurs, en essayant de les trier par couleur pour savoir les formes et couleurs qu’il me reste.

Au final, on en pense koa ?

Un vrai légacy familial, riche et addictif, avec un petit story telling sympathique.
Pleins de trouvailles excellentes. Chaque enveloppe amenant son lot de belles découvertes.
Un système de “catch up” malin et bien pensé pour laisser tous les joueurs dans la course à la victoire.
Une montée en difficulté très progressive.
Un bel exercice de style autour de la pose de tuiles en simultanée.

Nécessite un groupe fixe qui va faire toute la campagne.
Le plateau Éternité peut gâcher le plaisir de quelques découvertes.

2 à 4 joueurs
30 minutes
8 ans et +

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Chez Iello