Ishtar

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Ishtar, c’est koa ?

C’est la grosse sortie de cette fin d’année chez IELLO.
Déjà parce que c’est le petit dernier de Bruno Cathala accompagné ici d’Evan Singh (un pseudonyme), mais aussi parce que les illustrations et le visuel enchantent la toile depuis des mois avec le talent incroyable de Biboun, l’un de nos illustrateurs préférés.

C’est un jeu de plateau avec des tuiles, d’ouvriers et de majorité pour 2 à 4 joueurs. Le tout avec un matériel plutôt foisonnant. Six plateaux modulables, des gemmes violettes, rouges et blanches, 6 fontaines en plastique, des meeples artisans et un grand nombre de meeples arbre allant avec les cartes arbres.

La déesse Ishtar t’as fait dont de la ressource la plus précieuse au monde : l’eau. Tu es jardinier, dans les jardins désertiques et arides de Babylone et tu devras réaliser les plus jolis parterres de fleurs.

Mise en place

Pour la mise en place, il faudra prendre 2 plateaux terrains de plus que le nombre de joueurs (4 à 2 joueurs, 6 à 4 joueurs par exemple), et les connecter ensemble pour former le plateau de jeu. Sur chaque plateau sont représentés des espaces fontaines sur lesquels nous placerons aléatoirement des fontaines (peu importe la couleur). On placera ensuite sur chaque case rocher du plateau, une gemme de la couleur correspondante.

Sur le plateau Tapis, on placera les 6 tuiles coupelles sur les 6 emplacements prévus à cet effet, en les recouvrant de 6 tuiles de la même forme face cachée. On placera une tuile de départ (avec une goutte d’eau) de la bonne forme, sur chacune d’entre elles face visible. On place aussi les jetons floraisons sur le plateau tapis.

On mélange les cartes arbres en une pioche et on révèle les 5 premières en plaçant un arbre sur les 5 cartes.

On distribue un plateau à chaque joueur. Celui avec le petit « 1 » en bas à gauche de son plateau sera le premier joueur et prend le pion arrosoir. On récupère nos 4 assistants dont la couleur correspond à celle de notre plateau personnel, et on en place 2 au centre du plateau Tapis. 

On distribue une gemme violette à chaque joueur et la partie va pouvoir démarrer.

Comment on joue ?

Chaque tour de jeu, le joueur actif devra récupérer une tuile végétation et la placer sur le plateau autour d’une fontaine ou d’une tuile précédemment posée. Une tuile de son choix si c’est le premier joueur et le premier tour de la partie en plaçant l’arrosoir devant la pile de tuile. Si l’arrosoir est déjà sur le plateau, il devra d’abord, dans le sens des aiguilles d’une montre, avancer l’arrosoir d’une case et pourra prendre une tuile de la pile où l’arrosoir est présent ou payer des ressources pour continuer à faire avancer l’arrosoir d’une case par ressource dépensée.

Une tuile doit donc être posée juxtaposée à une tuile précédemment posée ou à une fontaine. Si des gemmes sont recouvertes par la pose de notre tuile, on peut les récupérer. Elles nous serviront à débloquer des maitrises ou à planter un arbre. Les tuiles ne peuvent être posées :

  • sur des cases fontaines ou pierres gravées
  • à un endroit qui connecterait deux jardins
  • à un endroit qui regrouperait deux assistants dans un même parterre de fleur

Une fois la tuile posée et les ressources récupérées, on pourra activer le pouvoir de notre tuile si elle en possède un et si on le souhaite.  Certaines tuiles ont des pouvoirs qui te permettrons soit :

  • de poser un assistant dessus pour être majoritaire en nombre de parterres de fleurs d’une fontaine,
  • ou d’améliorer ta maitrise en gagnant des pouvoirs immédiats ou de fin de partie.

Les tuiles avec un point d’interrogation permettent au choix de faire l’une des deux actions.

L’assistant doit être pris de notre réserve et se pose sur l’icône correspondante et permet de contrôler un parterre de fleur. Un parterre de fleur est un ensemble de case fleurs reliée. Chacune des cases pouvant contenir de une à quatre fleurs. Le nombre d’assistants étant limité (2 au départ), il faudra choisir avec soin les zones que l’on veut essayer de contrôler.

L’autre pouvoir permet donc d’améliorer une maitrise via son plateau personnel. Une maitrise coûte deux gemmes, qu’on placera sur la case correspondante à la maitrise que l’on souhaite acquérir. On doit forcément commencer par l’une des maitrises du bas de plateau avant d’aller faire celle du haut correspondante. Un chemin est visuellement représenté pour expliquer cela.

Les maitrises vont permettre de gagner des pouvoirs immédiat : récupération de deux gemmes de notre choix de la réserve, prise d’un jeton floraison, réservation d’une tuile végétation, ou d’une carte arbre par exemple. Les deux dernières maitrises de réservation permettent aussi de gagner un assistant supplémentaire ! Les maitrises de la ligne du haut permettent d’avoir de nouvelles possibilités de scoring qui permettront par exemple de faire fructifier les gemmes non utilisées en fin de partie, ou les assistants non utilisées, de transformer toutes les actions de tuiles en actions joker, de gagner des points de victoire en fonction de la proximité des parterres de fleur contrôlés avec des pierres gravées ou des arbres plantés. On ne peut réaliser qu’une maitrise à la fois sur cette action.

Le plateau personnel des maitrises.

En fin de tour, on pourra aussi grâce aux ressources récupérées par la pose de la tuile, si on le souhaite, construire une plantation sur une case herbe (et non une case fleur) et récupérer de précieux points de victoire suivant la carte plantation choisie. 

Et ainsi de suite jusqu’à ce que deux piles tuiles soit vide et que tous les joueurs aient fait le même nombre de tours.

Les PV de fin de partie seront :

  • ceux de tes cartes arbres,
  • des majorités autour des fontaines. La majorité étant remporté par le joueur contrôlant le plus de parterre de fleurs dans un jardin relié à une fontaine.
  • des maitrises,
  • et du nombre de fleurs dans les parterres de fleurs où un de tes assistants est présent.

Le joueur avec le plus de PV gagne la partie.

Pour les enfants :

Ishtar rentre clairement dans la catégorie des familial +. Ces jeux plutôt accessibles avec des règles ne dépassant pas la dizaine de minutes, plutôt facilement compréhensible mais pas exempt de stratégie. Ishtar peut être conseillé dès 9/10 ans sur des profils très joueur, sinon plutôt autour des 12 ans comme la boite le recommande.

D’autant plus qu’Ishtar peut avoir un côté assez frustrant pour les plus jeunes. L’aspect blocage est extrêmement présent, et il n’est pas rare de se retrouver bloquer par une plantation adverse posée pour nous gêner, de voir le joueur juste avant nous dépenser une ressource pour nous piquer sous le nez la tuile tant espérée, de se faire voler une majorité sur une fontaine avec un coup bien calculé, ou de se faire prendre l’arbre que l’on cible depuis quelques tours …

Bref, de l’interaction assez sympathique qui fait le sel du jeu, mais qui peut frustrer des joueurs un peu plus jeune, qui n’aime pas trop voir leurs plans partir en fumée. Ça peut facilement devenir un peu méchant. Et les erreurs ne pardonnent pas et renforceront généralement de manière très forte le joueur suivant. C’est donc assez opportuniste, et plutôt cérébral.

Ajoute à cela la nécessité d’avoir une petite notion de repères dans l’espace pour trouver le placement idéal pour notre tuile.

Bref, pas un jeu simple pour autant, mais un jeu parmi le haut de la gamme des familial ++ qui pourrait plaire sans problème à des enfants un peu joueur, mais qui sera probablement un peu complexe pour les autres.

Les parents, vous en pensez koa ?

Ishtar est un jeu vraiment magnifique. Voir son désert se fleurir au cour de la partie est plaisant à souhait et le matériel aide énormément sur cet aspect. Le graphisme de Biboun est superbe d’un bout du jeu à l’autre. On en regrette presque que les personnages que l’on retrouve dans les règles ne soit pas présent ailleurs dans le jeu. Mais les plateaux sont superbes, ainsi que les cartes plantations ou chaque valeur de carte est représentée par un arbre différent.

Les règles sont assez simples à comprendre et à expliquer une fois que le vocabulaire est compris (jardin, parterre de fleur, fleurs), mais le jeu ne l’est pas.

Le choix de tuiles avec le système d’arrosoir tournant imposant celle à choisir ou demandant de dépenser des ressources pour avancer et prendre la ou les suivantes est excellent. On suit avec attention le tour des autres joueurs, car il peut facilement mettre à mal nos plans. Le jeu est très opportuniste et demande une adaptation constante de notre stratégie. Si l’arrosoir a tourné plus qu’attendu, la tuile que l’on souhaitait n’est probablement plus accessible.

On peut démarrer la partie en mode « pacifique » en construisant nos jardins chacun dans notre coin, mais au fur et à mesure des tours, l’étau va se resserrer et tu n’auras plus d’autres choix que de commencer à combattre les adversaires en allant empiéter sur leurs territoires dans l’espoir de profiter d’un petit moment de faiblesse afin d’aller piquer une majorité sous le nez, ou prendre un parterre de fleur encore libre.

Ishtar est un excellent jeu, très solide dans son genre et vraiment plaisant à jouer. On pourrait juste lui reprocher un tout petit manque de folie l’empêchant d’aller fleurter vers les sommets, mais c’est vraiment pour chipoter. Le jeu est donc très bon et offre une belle rejouabilité grâce à ses plateaux recto verso modulaire qui renouvellent assez aisément les parties.

Les enfants, vous en pensez koa ?

Je trouve que le jeu est vraiment super beau : les diamants/rubis posés sur le plateau… Et les couleurs des fontaines qui sont dans des nuances de rouge, violet, et blanc, honnêtement ça m’a grave donné envie d’y jouer parce que j’adore ces couleurs quand elles sont réunies. Et je ne sais pas si c’est fait exprès ou pas, mais si c’est le cas ça a totalement marché pour moi ! Et c’est fou comme quoi le design et les couleurs d’un jeu peuvent te faire une première super impression ! Puis même les petites figurines d’arbres, les pions pour les joueurs, enfin bref perso le design je mettrais 20/20 si on devait le noter.
J’aime beaucoup aussi la manière de jouer, quand il faut placer les tuiles et tout. D’ailleurs on peut facilement embêter les autres joueurs parce que s’ils sont dans leur coin au calme en train de faire leurs petits jardins, t’as juste à mettre une tuile avec des parterres de fleurs ou des arbres. Et c’est soit tu les joues et tu essayes d’être majoritaire sur la fontaine, soit tu le fais pour embêter l’autre joueur car il aura moins de place pour s’étaler, ou il ne sera plus majoritaire…

Célya (12 ans)

J’aime bien parce que c’est un jeu où il faut bien réfléchir. Surtout pour bien placer les tuiles pour essayer de contrôler les fontaines. La blanche elle est beaucoup mieux, elle fait plus de points mais c’est chaud, car presque tout le monde se bagarre dessus ! Moi j’adore aussi la maîtrise qui fait gagner des points pour les assistants qu’on n’a pas joué et j’aime beaucoup aussi essayer d’attraper les arbres qui font 14 ou 17 points, mais c’est très dur car il faut beaucoup de gemmes. Je trouve que les dessins sur le plateau sont beau. J’aime bien être le premier joueur car je peux choisir de mettre l’arrosoir où je veux.

Kylian (9 ans)

Au final, on en pense koa ?

Le jeu est sublime.
Interaction subtile de blocage et de placement.
Un jeu qui peut devenir méchant 😈.
Clarté de la règle.

Manque d’un poil de folie.
Mise en place un petit peu longuette.
Une erreur d’un joueur privilégie fortement le joueur suivant.

2 à 4 joueurs
30mn à 1h
12 ans et +
Par
Bruno Cathala, Evan Singh
Editeur
IELLO
Illustrateur
Biboun

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