Bella Vista

♟️ Fiche jeu
🏠 Studio H  / 🏢 Gigamic
🤔 Andrea Mainini, Bruno Cathala
🎨 Cyrille Bertin, Weirdloop
👨‍👩‍👧‍👦 2 à 4 joueurs
🎲 10 ans et +
⏰ 45 minutes

Avis réalisé à partir d’un exemplaire presse le 12 avril 2026.

Parmi les nombreuses nouveautés de début d’année d’un de nos auteurs favoris, Bruno Cathala (ici en coautorat avec Andrea Mainini), la seule que nous n’avions pas pu essayer lors du festival de Cannes était Bella Vista.

Bella Vista est un jeu de placement d’immeubles sur un plateau commun avec de l’enchère, des contraintes et des objectifs communs.

Chaque joueur va avoir des bâtiments à sa couleur, de 1 à 8, représentant la hauteur, mais aussi la forme. Les plus petits vont prendre un peu plus de place au sol. Nous avons des cartes en main (3 parmi les 8 au départ), chacune représentant un de nos bâtiments.

Dans l’ordre du tour, on va devoir se placer sur une enchère encore libre du plateau commun et payer la somme nécessaire, de 7 or à 0. Plus on paye, plus on sera tôt dans l’ordre du tour.

Mais l’argent (nous démarrons avec 20 pièces), c’est aussi nos points de victoire !

Une fois tous les joueurs positionnés, chacun va jouer sa carte, dans l’ordre de celui qui a payé le plus à celui qui a payé le moins. Il va placer le bâtiment correspondant à sa carte en respectant la contrainte du tour (obligation de poser sur un quartier, ou interdiction de poser à côté de quelque chose) et gagner des pièces en fonction de ce qui lui est adjacent. 1 pièce par bâtiment adjacent strictement plus petit, et 3 pièces s’il est strictement plus grand que tous les bâtiments qui lui sont adjacents ou s’il n’en a pas et est isolé. On pourra ensuite récupérer une carte contrat (parmi 4), si le contrat est respecté par le placement de nos bâtiments, contrat qui rapportera de l’or en fin de partie.

Une fois que tout le monde a joué, on change la contrainte du tour, on renouvelle les contrats pris et on joue jusqu’à épuisement de la pioche.

On rajoute à ça deux objectifs sur la partie, un objectif d’ensemble, qui va vous demander de rendre adjacents certains de vos bâtiments pour gagner des points, et un objectif de hauteur, rajoutant des bonus sous conditions à certains de vos bâtiments.

Sur les règles, ça parait assez simple et convenu. Simple à expliquer, ça l’est, à jouer, c’est une autre paire de manches. Déjà parce que le plateau de pose est commun. On se rend très vite compte que sous son aspect mignon et son nom à connotation positive, le jeu est assez taquin ! Mais genre, vraiment. Et il va pousser les joueurs à l’être plus que jamais ! La frustration va aussi être forte, car la contrainte de pose du tour va réduire grandement vos possibilités et l’ordre du tour va finir de les achever. Être bien placé dans cet ordre sera primordial, mais comme il en va de vos points de victoire puisque c’est votre or qui vous permettra de vous placer, le dilemme est atroce !

Donc je répète : contrainte du tour, objectif d’ensemble et de hauteur que vous allez vouloir maximiser, contrats en cours que vous allez tenter de prendre avant vos adversaires, cartes en main qui limitent vos choix, placement, hauteur et adjacence à prendre en compte et la gestion de votre Or dans tout ça ! Fracture du cerveau en perspective, mais une émotion diablement jouissive quand vos plans se déroulent sans accroc et mettent vos adversaires dans le pétrin. C’est moins sympa quand c’est vous qui vous y retrouvez, mais c’est ce qui fait tout le sel du jeu.

Aurélie et moi sommes plutôt des joueurs adeptes de l’interaction indirecte et légère. Ici, on est bien plus direct et pourtant, c’est savamment dosé et c’est toute l’identité du jeu qui se passe là-dedans.

Que dire de l’édition. Après Leaders, Studio H continue de montrer qu’ils sont les rois du game. Les bâtiments sont déjà montés dans la boîte à tiroirs dans laquelle tout est parfaitement rangé. C’est une édition millimétrée qui sert à merveille le jeu et la mécanique. C’est visuellement super chouette avec une présence en table qui en jette. Il y a 3 objectifs d’ensemble et de hauteur dans la boite pour apporter un peu de variabilité aux parties.

Le jeu a le mérite aussi de fonctionner parfaitement à toutes les configurations, mais amène pour cela des adaptations sur chacune. Un peu plus complexe pour retenir les règles, mais utile pour avoir une expérience efficace peu importe le nombre de joueurs. À 2 joueurs, nous allons jouer avec 16 cartes (un 2ème jeu rouge et bleu est là exprès), 5 cartes en mains et les bâtiments de deux couleurs, mais que l’on mettra à la nôtre avec les toits prévus à cet effet. À 3 joueurs, un petit avantage est donné au dernier joueur à chaque tour qui doit placer un bâtiment neutre (du plus petit au plus grand) en respectant les contraintes.

Ce n’est pas celui que j’attendais le plus, mais pourtant, Bella Vista est incontestablement l’une de nos sorties préférées de ce début d’année !

De Bruno Cathala

Chez Studio H

A découvrir