Nidavellir

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Nidavellir, c’est koa ?

C’est un jeu de collection, d’enchères et de coin-building (ou coin-crafting) de Serge Laget illustré par Jean Marie Minguez chez Grrre Games et Blackrock Games. Le jeu se situe plutôt dans la tranche haute des jeux familiaux et est accessible dès 8 ans pour des parties de 30 minutes environ.

Nidavellir est le royaume des Nains et des Naines. Nous jouerons un Elvaland qui devra faire le tour des tavernes afin de préparer le bataillon permettant de sauver le royaume du dragon Fafnir. Avec son système de « Coin-Building » ou il faudra améliorer ses pièces pour recruter différents personnages avec un aspect collection, puisque chaque classe de personnage aura une capacité de scoring différente.

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maGRRREzine N°1

Tu peux trouver des informations sur la création du jeu par l’auteur et l’illustrateur, ainsi qu’un.e héro.ïne bonus à imprimer dans le maGRRREzine N°1 disponible gratuitement ici : https://www.grrre-games.com/wp-content/uploads/2020/04/MaGRRREzine_Avril2020_1.pdf

Mise en place 

Dès l’ouverture de la boite, il faudra monter le trésor royal, sorte de pupitre accueillant les différentes pièces en or du jeu triées par valeur.

Nous allons ensuite distribuer à chaque joueur un plateau personnel, un ensemble des pièces de bases suivantes : 0, 2, 3, 4 et 5 ainsi qu’une gemme aléatoire (de valeur 1 à 5). La gemme sera placée au dessus du plateau de manière à en cacher la valeur.

On positionnera ensuite les tavernes au centre de la table dans l’ordre :

  • Gobelin rieur
  • Dragon Dansant
  • Cheval Fringuant

Trois portes cartes serviront à accueillir les Héroïnes, et un quatrième les distinctions.

Suivant la configuration en nombre de joueurs, nous pourrons supprimer les cartes 5 joueurs si tu joues à moins et enlever quelques pièces du trésor royal (indiqué dessus) si à 2 ou 3 joueurs.

On sépare ensuite les cartes en deux ages (indiqué au dos) et la partie pourra démarrer.

Comment on joue ?

Il te faudra donc recruter 3 nains par tour, un par taverne, afin de préparer le bataillon le plus puissant qui permettra de sauver le royaume du dragon Fafnir.

Chaque tour démarrera par le placement face visible d’un nombre de nains sur chaque taverne correspondant au nombre de joueurs (sauf à 2 joueurs où l’on placera 3 nains par tavernes). En commençant par les cartes de l’age 1, puis ensuite de l’age 2 quand la première pile sera vidée.

L’objectif sera d’être le joueur avec le plus de points de bravoure à la fin de la partie.

L’enchère :

Chaque joueur devra secrètement poser l’une de ses 5 pièces sur chacune des tavernes de son plateau personnel. Les deux pièces restantes seront positionnées sur la bourse en bas de son plateau.

Nous démarrerons ensuite par la taverne du haut, le Gobelin Rieur, et chaque joueur retournera sa pièce pour indiquer combien il a misé sur cette taverne. Les joueurs choisiront une carte nain dans l’ordre de la plus grande mise à la plus petite, et placeront le nain par famille sur la droite de leur plateau personnel.

En cas d’égalité, c’est la gemme au dessus du plateau que nous comparerons entre les joueurs égalitaires. Les joueurs choisiront dans l’ordre de la plus grande gemme à la plus petite. Celui avec la valeur de gemme la plus grande  échangera ensuite sa gemme avec celui ayant la plus petite parmi ceux étant dans l’égalité.

La pièce 0 : 

Si un ou plusieurs joueurs utilisent la pièce de valeur 0, ils devront cumuler les valeurs des deux pièces non utilisées pour l’enchère (celles présentes dans la bourse) et pourront échanger celle de plus grande valeur avec celle de la valeur du cumul dans le trésor royal. Si j’ai dans ma bourse des pièces de valeur 2 et 5, je peux aller chercher dans le trésor royal, une pièce de valeur 7 et défausser ma pièce de 5. Les valeurs de tes pièces seront des points de bravoure en fin de partie.

Les classes de nain :

Chaque classe de nain aura un système de scoring qui lui est propre : 

  • Les guerrier.ère.s (rouge) rapporteront autant de point de bravoure que le cumul des valeurs indiquées sur chacune des cartes de cette famille. Le joueur possédant à la fin de la partie le plus de grade rouge (nombre de flèches en haut à gauche des cartes), pourra ajouter à ce score, la valeur de sa plus grande pièce.
  • Les chasseur.euse.s (verte) rapporteront autant de point de bravoure que leur nombre au carré. Une aide de jeu est présent sur le plateau personnel.
  • Les mineur.euse.s (orange) rapporteront autant de point de bravoure que le cumul de leur valeur multiplié par le nombre de grades
  • Les explorateur.euse.s (bleu) rapporteront autant de point de bravoure que le cumul de leur valeur
  • Les forgeron.nne.s (violet) rapporteront des points de bravoure en fonction d’une suite mathématique. Le premier rapporte 3 points, le 2ème 4, le 3ème 5, etc. Une aide de jeu est aussi présente sur le plateau personnel.

Les héros.ïne.s : 

En plus de ces classes, à tout moment, si tu arrives à collectionner une série d’un nain de chacune des 5 classes, tu pourras gratuitement aller prendre l’une des héros.ïne.s d’un des 3 présentoirs. Ces héros.ïne.s viendront renforcer ou ajouter des stratégies de jeux en étant d’une des classes précédemment listées, ou d’un type neutre. Les neutres se positionneront à gauche de ton plateau personnel.

Les distinctions :

Quand les cartes du 1er age auront toutes été choisies, on comparera par classe les majorités des joueurs en nombre de grades. Le joueur ayant strictement plus de grade que tous les autres dans une couleur prendra la carte de distinction correspondant à ce type de nain.

On enchainera donc les tours de jeu jusqu’à ce que les deux piles d’âge soient vidées.

On fera ensuite le décompte des points, soit via les feuilles de score présent dans la boite, soit via l’application mobile prévue à cet effet pour définir l’Elvaland ayant le plus de points de bravoure qui sera à même de mener sa troupe pour combattre le dragon Fafnir et ainsi sauver le royaume de Nidavellir.

Pour les enfants :

Comme dit dans l’introduction, Nidavellir se situe plutôt dans la tranche haute des jeux familiaux. Les règles, loin d’être insurmontable sont tout de même assez nombreuses puisqu’il faudra comprendre et retenir les façons de scorer des différentes classes de nains, comprendre la mécanique d’enchère et d’amélioration de ses pièces. 8 ans parait l’âge minimum pour appréhender un tel jeu. Notamment parce qu’il y a beaucoup de choix à faire dans Nidavellir. Quelle stratégie choisir, quel nain tenter sur chaque taverne, avec quelle pièce, dois-je utiliser la pièce 0 pour améliorer mes pièces au risque de ne pas avoir un nain qui me convient dans cette taverne. De quoi donner le tournis à des joueurs peu habitués à des jeux un peu exigeant.

Sinon, Nidavellir, en plus d’être un excellent jeu, va faire appel à de la prise de risque mais aussi un peu d’opportunisme. Plus j’utilise des pièces fortes, plus j’ai des chances d’obtenir ce que je veux, mais moins la pièce que je change sera forte. Si au contraire, je garde mes pièces fortes pour en avoir une plus grande au prochain tour, les choix seront plus limités et il faudra adapter ma stratégie. Peut-être viser une collection complète de nain.es pour aller chercher un.e héro.ïne.s ?

L’équilibrage rend en tout cas le jeu plaisant et assez peu punitif pendant la partie. Si nous n’arrivons pas à nous développer dans la stratégie souhaitée, on pourra très facilement adapter et se rabattre sur d’autres (ça sera peut-être pénalisant sur le score final, mais pas pendant la partie), laissant donc une fluidité et un plaisir de jeu intacte pendant la petite trentaine de minutes de chaque partie. C’est aussi ce qui donne à Nidavellir cette accessibilité assez élevé pour de grands enfants.

Le parti-pris graphique avec ce noir et blanc et cette anatomie des nains est très clivant. Célya a en premier lieu refuser de jouer à ce jeu à cause de ça. Bien mal lui en a pris, car elle a fini par essayer plus tard et c’est devenu son coup de cœur du 1er trimestre 2020. De notre côté, nous trouvons ce visuel et parti-pris absolument sublime, et il contribue à donner à Nidavellir cet âme qui le différencie visuellement de la masse.

Même si l’aspect thématique est un peu plaquée, on apprécie l’effort du livret de règle d’expliquer l’histoire de chacun.es des héro.ïne.s et chacune des classes du jeu. Passionnant, attachant et un beau moyen d’aider les enfants à rentrer dans cet univers. Bravo.

L’application mobile permettant de compter les points est aussi une vraie réussite, et presque un jeu dans le jeu pour nos enfants. Kylian veut à chaque partie rentrer les scores de tout le monde dans l’application ! C’est un autre très gros point fort pour ce jeu.

Les parents, vous en pensez koa ?

Nidavellir c’est du très lourd. Probablement l’un des meilleurs jeux de ces derniers mois dans cette catégorie Familial +, avec des durées de parties courtes (environ 30 minutes), une vraie originalité dans ses mécaniques et sur le visuel ainsi qu’un plaisir de jeu intense.

Le matériel du jeu avec son présentoir à pièce (le trésor royal) ainsi que les présentoirs cartes ne sont pas de la sur-édition, mais améliorent réellement l’expérience de jeu, en rendant visible très facilement les pièces et héro.ïne.s disponible, et en permettant une mise en place très rapide. Puisqu’à condition de stocker sa boite horizontalement, le trésor royal pourra être stocké avec toutes les pièces déjà prêtes. Un excellent point.

Le mélange des différentes mécaniques est une vraie réussite. L’aspect collection, les enchères et le coin-building se marient à merveille. Tout sera question de choix et d’équilibre. Un choix qui parait avantageux aura un impact négatif. Un choix qui parait moins bon aura un impact positif. Si tu utilises ta plus grosse pièce sur une enchère pour avoir plus de chances de choisir en 1er, tu ne l’auras plus pour l’échanger. Miser la pièce 0 sur une taverne, certes, tu ne choisiras pas dans les premiers, mais tu pourras améliorer tes pièces. Te cibler sur une ou deux classes mais être forcé de récupérer un nain d’une autre classe : pas grave, lance-toi dans une collection pour aller chercher un.e héro.ïne qui renforcera ta stratégie de départ…

L’interaction est assez forte puisqu’il faudra systématiquement compter sur les enchères des autres joueurs et leurs stratégies. Les distinctions ayant lieu à la fin du 1er age force à suivre les majorités de grade de chacun des joueurs pour essayer de tirer son épingle du lot, mais aussi ne pas laisser s’envoler certains adversaires sur des classes pouvant devenir trop forte si on les laisse. Nous hésiterons régulièrement entre choisir un.e nain.e qui profite à son jeu ou choisir un.e nain.e qui profiterait trop à un adversaire ! Une égalité de majorité à la fin du 1er age sera notamment très pénalisante, car personne ne repartira avec la distinction. Il y aura aussi bataille sur les héro.ïne.s, au nombre de deux par couleurs, complétés par quelques héro.ïne.s neutres, et bataille sur les pièces, puisqu’une règle permet en cas d’absence de la pièce que l’on doit récupérer, de prendre celle de valeur immédiatement supérieure.

Tout parait millimétré dans Nidavellir et tellement bien ficelé que c’est un bonheur à jouer. Un équilibrage au poil qui rend toutes les parties et stratégies viables. Pas ou très peu d’attente entre les tours, on est toujours actif, soit en pariant tous en même temps, soit en réfléchissant au nain que l’on va prendre suivant l’ordre du tour en fonction des différents pari. Une fluidité qui permet des parties très dynamique et rapide peu importe le nombre de joueurs. C’est d’ailleurs un jeu qui à le mérite de tourner très bien peu importe la configuration. C’est simple, le jeu est excellent de 2 à 5 joueurs.

Tu l’as compris, Nidavellir est un vrai coup de cœur de toute la famille, et un poids lourds des jeux familiaux pour cette année 2020.

Les enfants, vous en pensez koa ?

Célya ➡️❤️
Célya (13 ans)

Je ne vais pas vous mentir, c’est vrai que lorsque nous avons essayé et vu le jeu pour la première fois au festival de Cannes, celui-ci ne m’avait pas vraiment tenté… Je ne sais pas, au début le design ne m’a pas accroché et je peux vous dire que j’ai bien regretté car quand on l’a retesté à la maison, j’ai adoré ! Et finalement en y jouant j’ai trouvé le design comme les dessins super alors que ce n’était pas tout à fait ça à la première impression. En fait je trouve même que l’aspect un peu noir et blanc rend le jeu super beau et comme quoi il n’y a pas besoin que le jeu soit super coloré pour que le design soit beau !

Je trouve également les mécaniques du jeu vraiment agréables et elles me rappellent aussi 7 Wonders (par rapport aux différentes catégories de cartes, les drafts…) voir même Splendor, notamment sur la mise en place. Puis je trouve que le jeu est hyper fluide, et il n’y a pas beaucoup de règles, et je trouve que les stratégies sont toutes très variées et équitables entre elles, donc c’est super !

Je trouve aussi que le principe de miser telle pièce d’une certaine valeur sur la ligne (3 en tout), de cartes que l’on veut le plus, ou celle qui ne nous intéressent pas, est juste génial. Déjà parce que je crois que je n’avais jamais vue ça dans un jeu, et c’est tellement bien d’essayer de choisir la plus grande pièce possible (la valeur peut aller jusqu’à 25) pour avoir cette carte que tu veux absolument avant que quelqu’un d’autre ne te la prenne ! Puis c’est encore mieux car avec la pièce 0, on a la possibilité de choisir 2 pièces de notre choix, de prendre la pièce qui a la plus grande valeur des 2, et d’échanger cette pièce contre une pièce de la valeur de l’addition des deux pièces que tu avais choisies ; et on peut donc faire évoluer nos pièces tout au long de la partie, sachant qu’elles feront des points à la fin !

Pour revenir aux cartes, je pense que mes stratégies préférées sont le « pouvoir » des cartes vertes et violettes, car plus on en a et plus elles rapportent de points. Cela peut aller de 1 à 225 pour les vertes, et de 3 à 150 pour les violettes, sachant que les violettes rapportent plus de points pour les premières cartes, et que les verts moins sur les premières, mais au final ce seront les vertes qui feront le plus de points par rapport aux violettes, tu peux donc les jouer stratégiquement, mais bien sûr ce n’est pas toujours évident !


Kylian ➡️Adore
Kylian (9 ans)

J’aime bien le thème du jeu, avec les nains qu’on doit recruter et les différents types. Aussi les distinctions à la fin du 1er age qui donne différents pouvoirs si t’as le plus de nains d’un type. Quand tu paries un 0 ça t’augmente ta pièce mais c’est dur parce que tu choisis en dernier.

J’aime bien les mineurs (orange) car ils multiplient les points par rapport au nombre de grades et au nombre inscrit sur eux, et aussi les verts mais qu’en t’en a pas beaucoup ils ne font pas beaucoup de points. Dans les héroïnes, j’adore celle qui fait 17 points à la fin de la partie (Skaa), et surtout Uline, celle qui fait que tu peux parier après que tout le monde ait montré ses pièces. Les 5 frères Dwerg sont aussi fort mais c’est dur d’arriver a en avoir beaucoup. J’ai juste réussi à en avoir 3 pendant une partie. J’aime bien Zoral aussi, un héro orange qui a 3 grades même s’il n’a qu’une valeur de 1, et Lokdur qui a une valeur de 3 !

J’adore aussi l’application pour compter les points parce que c’est plus facile à compter et qu’elle est super bien faite.

Au final, on en pense koa ?

Un mélange savoureux de mécanique : Collection, Enchère et Coin-Building, pour l’un des touts meilleurs jeux de ces derniers mois.
Un équilibrage du tonnerre.
Les présentoirs de pièces et d’héro.ïne.s : une idée excellente au service du jeu.
Des illustrations de toute beautés.
L’application mobile.
Les textes de présentations des classes et héro.ïne.s du livret de règles.

Nous avons envie d’aller combattre Fafnir maintenant !
Le visuel de la boite ne correspond pas vraiment au jeu.

2 à 5 joueurs
30mn
8 ans et +

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