Last Bastion

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Last Bastion, c’est koa ?

C’est un jeu coopératif qui te place seul ou jusqu’à 4 joueurs dans le dernier bastion n’étant pas encore sous l’emprise du mal. Ton objectif, le protéger coûte que coûte et vaincre le ou les seigneurs du mal.

C’est l’œuvre d’Antoine Bauza (le papa de 7 Wonders, et membre de la Team Kaedama notamment) chez l’éditeur au sombréro Belge Repos Prod. C’est aussi une re-thématisation/revisite de Ghost Stories, un classique de la coopération réputé pour sa difficulté extrême.

Sauront nous en famille repousser ces hordes de monstres qui nous attaquent sans cesse avant que l’emprise du mal soit trop importante dans notre bastion ?

Mise en place

Le plateau de Last Bastion comporte neuf tuiles présentées sur un carré de 3×3. Chacune de ses tuiles disposées aléatoirement au début de la partie possède un pouvoir. Sur les 4 coins, on placera un plateau d’une couleur précise pour chaque joueur pouvant accueillir trois monstres, et sous ses plateaux, le plateau du héros choisi parmi les 8 disponibles.

À 4 joueurs, tout le monde jouera un héros. À 1, 2 et 3 joueurs, les autres plateaux seront considérés comme des plateaux neutres.

On donne ensuite un jeton “Appel aux armes” à chaque joueur, et la figurine correspondant à son plateau héros qu’on placera sur la tuile du centre.

Nous allons ensuite créer la pile du deck monstre en fonction de la difficulté choisie. En mode normal, on fera une pile de 8 monstres aléatoires, sur lequel on placera le Seigneur de Guerre puis le reste des monstres dessus.

Comment on joue ?

Les cartes monstres vont posséder plusieurs informations :

  • Une couleur, définissant le plateau sur lequel le monstre devra aller si possible.
  • Un coût en haut à droite, indiquant la résistance du monstre et donc combien de jeton/dés de cette couleur devront être obtenus pour le combattre. Avec les dés de combat, les jetons équipements, ou en réduisant sa résistance grâce au drapeau sur la case de la figurine étendard.
  • (optionnel) un effet d’entrée, s’appliquant dès l’arrivée du monstre
  • (optionnel) un effet récupérant s’activant à chaque tour du joueur (actif ou neutre) dont le monstre est sur le plateau
  • (optionnel) un effet de sortie lorsque le monstre est vaincu.

Chaque tour, le joueur actif va de gauche à droite effectuer les pouvoirs actifs des monstres présent sur son plateau devant lui. Si le plateau est plein (3 monstres), on effectue le pouvoir du plateau (qui généralement ne fera pas plaisir !). Sinon on pioche une nouvelle carte monstre et on la place en priorité sur un plateau de la bonne couleur. Ensuite le joueur devra réaliser une action ET un déplacement dans l’ordre de son choix.

L’action est soit celle de la tuile sur laquelle la figurine du joueur est, soit de combattre le ou les monstres adjacents à sa figurine.

Le combat se passe en lançant 3 dés, en cumulant si souhaité des jetons équipements de la bonne couleur en essayant d’atteindre la résistance du monstre pour le tuer.

Voici les tuiles (au nombre de 9) présentes dans Last Bastion :

  • Le Dispensaire, qui permet de soigner un héros hors combat (ayant perdu ses 3 points de vie) ou de donner un jeton équipement de la réserve à un joueur.
  • La Carrière naine pour placer la figurine piège sur un emplacement libre de son plateau.
  • Le Tombeau des rois anciens pour éliminer un monstre au prix d’un jeton Vie.
  • La Fontaine divine pour retirer deux figurines d’Emprise du mal.
  • L’Étendard pour placer un drapeau sur l’étendard et réduire la résistance de 1 des ennemis de la couleur correspondant au drapeau.
  • La Taverne pour faire gagner un jeton Vie et un déplacement à un joueur.
  • Le Marché pour lancer deux dés Combat et gagner deux équipements correspondant aux couleurs des dés.
  • La Tour des stratèges pour échanger la position de 2 cartes Horde.
  • Le Trébuchet pour placer le filet sur l’effet d’une carte monstre.

Et les héros au nombre de 8 :

  • Twindalli qui avec ses deux arbalètes peut combattre jusqu’à 2 cartes Horde orthogonalement à son placement, adjacentes ou non !
  • Kazgin qui possède un 4ème dé de combat
  • Feng-li qui peut relancer une fois les dés de combat ou de corruption lors de son tour.
  • Teagaan peut abandonner son déplacement pour retirer une figurine d’empire du mal.
  • Sindara peut utiliser la tuile action ET combattre dans l’ordre de son choix.
  • Arne & Soko peut prendre un jeton équipement au choix lors de son tour.
  • Mylfaar peut placer ou déplacer son jeton Enchantement une fois par tour sur une carte Horde en jeu réduisant sa résistance de 1 lors des combats.
  • Elmer & Châtaigne peut bénéficier ou faire bénéficier d’un déplacement supplémentaire.

L’objectif sera de survivre jusqu’à réussir à tuer le ou les seigneurs de guerre qui arriveront généralement après une trentaine de monstres en mode normal.

Un joueur ayant perdu ses 3 points de vie décalera son plateau personnel de quelques centimètres vers le bas. Son plateau sera considéré comme un plateau neutre et son personnage retiré du jeu. Il pourra toutefois revenir grâce à la tuile dispensaire si un autre joueur le soigne. Il retournera son plateau personnel en mode “blessé” et perdra l’usage de son pouvoir. S’il meurt une nouvelle fois, il quittera définitivement la partie.

La partie sera perdue si :

  • trois jetons emprises du mal sont présent sur les tuiles,
  • si la pioche est vide alors qu’une carte doit être piochée
  • ou si tous les héros sont hors combat.

Pour les enfants :

Last Bastion est un jeu coopératif très exigeant. Pas tellement au niveau des règles plutôt accessible, mais sur les stratégies de jeu ainsi que sur la difficulté. Le côté coopératif permet de jouer relativement facilement avec des plus jeunes, car les adultes pourront aisément les aider, mais la difficulté et l’aspect punitif pourront décourager rapidement les moins téméraires. Les victoires seront plutôt rares et il faudra s’habituer aux défaites, mais essayer d’apprendre de chacune. Une bonne leçon de ténacité.

Le but de Last Bastion ne sera pas forcément de tuer tous les monstres, mais plutôt de parer et se préparer à toutes les éventualités. Certains monstres qui n’ont qu’un effet d’entrée ou de sortie mais pas d’effet récurrent pourront par exemple être placé au centre de leurs plateaux ou dans des coins moins visités. D’autres avec des effets récurrents très gênant devront être placé à des endroits plus stratégiques, à proximité d’un joueur en capacité à les combattre par exemple, ou devront être traité en priorité, en s’aidant de l’étendard ou en récupérant des pions équipements adaptés. Une excellente manière d’aborder des aspects stratégiques et d’anticipation avec les plus jeunes. Il faudra bien connaitre les pouvoirs des joueurs de la partie ainsi que les 9 effets des tuiles afin d’espérer une chance d’arriver jusqu’au seigneur de guerre et de remporter ce combat.

La boite recommande, plus pour des aspects matériels, un âge de 14 ans. Nous pensons de notre côté qu’il peut se jouer assez facilement dès 10 ans et une petite expérience de jeu. Il est toutefois à noter que l’univers est assez violent pour ceux que cela dérange. On tue des monstres, on meurt, on combat, rien de très enfantin 🙂 .

Les parents, vous en pensez koa ?

Pourquoi on aime beaucoup Last Bastion ? Déjà parce que c’est exigeant. Qui dit exigeant, dit très difficile et assez punitif. La moindre erreur d’anticipation ou le moindre oubli pourront être fatal ! Plutôt facile à comprendre et à jouer, le jeu est pourtant très difficile à maitriser. Il faudra maximiser l’utilisation des pouvoirs asymétriques de ses héros, avoir un positionnement sur le plateau toujours sans faille, être très malin sur le positionnement des monstres (les garder à portée, utiliser les angles intelligemment pour pouvoir en combattre deux à la fois), gérer une priorisation millimétrée des actions et effets de tuiles, discuter avec ses coéquipiers et anticiper ce qui pourrait nous arriver à tout moment. Du coopératif costaud et passionnant !

Car le jeu peu être assez imprévisible et le hasard de la pioche faire très mal. Il n’est pas rare d’enchainer 3/4 monstres avec l’arrivée d’un nouveau monstre en effet d’entrée ! Dur de s’en relever si nous n’étions pas bien préparé ! Mais c’est cette difficulté et ce challenge qui rend Last Bastion aussi excitant, et particulièrement savoureux quand le Seigneur de Guerre entre en jeu et qu’il faut balancer tes dernières énergies pour prendre le dessus et remporter une partie au mérite. Tout le début de partie ne sera déjà pas une mince à faire, mais devra surtout être mis à profit pour se préparer et anticiper l’arrivée du ou des seigneurs de guerre ! Être certains d’être bien équipé de jetons de couleurs permettant de combattre plus facilement les gros monstres ou seigneurs, puisque de manière général, seul 3 dés (hormis chez le Nain Kazgin) pourront être utilisé pour les combats faisant au maximum sur un lancé chanceux (sans l’aide d’équipements) 3 blessures. Certains seigneurs auront 5 ou 6 symboles de leurs couleurs. Il faudra donc bien se préparer, utiliser aussi l’étendard et les tuiles du jeu de la bonne manière. Facile à dire, une autre paire de manche à bien faire !

Pour ne rien gâcher, le matériel avec ses 8 figurines est de très bonne facture, et les illustrations de Pierô & Nastya Lehn particulièrement sublimes. On apprécie aussi fortement les socles de couleurs permettant de bien indiquer à qui est chaque figurine.

Le jeu fonctionne aussi parfaitement peu importe le nombre de joueurs, que ce soit en solo, à 2 ou 3 ou en configuration idéale à 4. En dessous de 4 joueurs, certains plateaux seront des plateaux neutre (pas de pioche et pas de joueurs associé), qui devront quand même être surveillé, et qui ne gâche en rien l’expérience de jeu, ni ne donne l’impression de trop modifié l’équilibre où la difficulté.

Les durées de parties sont assez rapide pour ce style de jeu, entre 30 et 60 minutes suivant le nombre de joueurs et la motivation des monstres. Les parties donnent l’impression de passer encore plus vite que cela, donnant facilement l’envie d’en enchainer une nouvelle. Un excellent point.

Last Bastion se place donc facilement très haut dans nos jeux coopératifs préférés, et le jeu se joue très bien en famille en mode :

On retrousse nos manches et on va aller taper du monstre ensemble pour défendre le dernier bastion. Pas question de se laisser envahir. Nous serons plus fort ensemble et nous allons lui montrer à ce Seigneur de Guerre ce que ça fait de se frotter à la famille Akoa Tujou !

Famille Akoa Tujou

Les enfants, vous en pensez koa ?

Célya ➡️Sympa
Célya (13 ans)

Je trouve que le design et les différentes pièces du jeu sont très attractive et de ce côté c’est vraiment parfait ! Sinon je trouve que ce jeu me fait énormément penser à tous les jeux de rôle que nous avions fait avant (Note de Papa : Chroniques Oubliées Fantasy). On a cet univers un peu médiéval ou avec des dragons, et j’aime beaucoup ce thème. Le truc c’est qu’il faut vraiment être concentré lorsque qu’on joue à ce jeu car le moindre faux pas et c’est très dur de revenir complètement dans la partie, mais au final c’est ce qui rend le jeu bien. Par exemple, certains monstres vont placer des sortes de malédictions sur eux puis sur le plateau au fur et à mesure des tours qui bloqueront les pouvoirs des tuiles rendant le jeu encore plus dur ! D’autant plus que s’il y a 3 jetons sur le plateau, c’est perdu !


Kylian ➡️Adore
Kylian (9 ans)

j’aime bien les figurines, je les trouve stylées ! Le design est beau et je trouve que les cartes et les tuiles sont très chouettes. Les différents pouvoirs de héros, ça me plait beaucoup, car on peut changer à chaque fois et ça fait des parties très différentes même si moi je choisis toujours le mème. Mes tuiles préférées sont celle qui permet de mettre un drapeau pour enlever une résistance aux monstres de cette couleur, celle qui permet de perdre une vie pour tuer un monstre et la bombe.

Le personnage que j’adore jouer c’est le nain car il fait un dé en plus et il évite les effets négatifs. Mais je sais déjà qu’à la prochaine partie, je vais essayer l’archer qui peux combattre de n’importe où et des deux côtés.

J’aime aussi les boss qui sont fort parce qu’ils sont difficile à battre.

Ma stratégie c’est d’abord d’essayer de battre ceux qui font des effets tous les tours et encore plus ceux qui font perdre des vies, et aussi essayer de se concentrer sur le seigneur de guerre dès qu’il arrive.

Au final, on en pense koa ?

Un challenge très relevé donnant à chaque victoire une saveur particulière !
Illustrations et matériel au top.
Un système de jeu fluide et très agréable.
Un coopératif exigeant et passionnant avec une belle courbe de progression.
Fonctionne parfaitement de 1 à 4 joueurs.

Le hasard de la pioche qui peut faire rager !
Nous n’aimons pas perdre et le jeu force un peu à s’y habituer 😀 Et certaines fessées font vraiment mal !
Quasi impossible de revenir dans la partie si elle part mal !

1 à 4 joueurs
40min
14 ans et +
Par
Antoine Bauza
Distributeur
Asmodée France
Editeur
Repos Production
Illustrateur
Pierô & Nastya Lehn

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