Nova Luna

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Nova Luna, c’est koa ?

C’est un jeu abstrait de poses de tuiles de 1 à 4 joueurs pour des parties de 30 minutes environ d’Uwe Rosenberg et Corné Van Moorsel chez Spielwiese et Blackrock Games qui va te forcer à grandement planifier tes choix de tuiles en fonction de ce que le cadran lunaire met à ta disposition.

Uwe Rosenberg est un auteur très réputé qui enchaine les jeux. Il est notamment connu pour son excellent Patchwork ou encore le grand classique Agricola. Nous en avions parlé récemment avec le très sympathique Second Chance chez Act In Games.

Comment on joue ?

Mode multi-joueur

Le cadran lunaire est le plateau de jeu principal et indiquera la liste des tuiles disponible sur son contour (la piste de sélection) ainsi que la position du pion lune. Pour la mise en place, il suffit de placer le pion Lune au dessus de la Lune d’or et de placer des tuiles dans le sens des aiguilles d’une montre tout autour du cadran.

Au centre du plateau, on retrouvera un pion par joueur sur la piste du cycle lunaire. Posé aléatoirement en pile pour le début de partie sous la lune, c’est cette piste qui déterminera l’ordre du tour. Le joueur dont la position du pion est la plus en arrière dans le sens horaire du cycle lunaire, ou en cas d’égalité celui au dessus de la pile, sera toujours le joueur actif.

Les tuiles sont de 4 couleurs (Jaune, Rouge, Turquoise ou Bleu) et vont posséder deux éléments

  • un nombre (en haut à gauche de la tuile) qui définira si tu la choisis le nombre de cases que ton pion devra avancer sur le cadran lunaire. Plus le chiffre est élevé, plus les objectifs qui s’y trouvent sont facile à réaliser.
  • de 1 à 3 objectifs dans les autres coins que tu devras tenter de valider en plaçant des tuiles autour de celle-ci sur ton plateau de jeu.

A chaque tour de jeu, le joueur dont la position est la plus reculée devra :

  • Choisir une tuile, parmi les 3 tuiles suivant le pion lune (en ignorant les espaces vides). S’il ne reste plus qu’une ou deux tuiles, il peut (s’il le souhaite uniquement) décider de remplir à nouveau toute la piste de sélection en commençant de la case suivant le pion Lune. S’il n’en reste plus, il a l’obligation de le faire.
  • Avancer du nombre de cases indiquée en haut à gauche de sa tuile, son pion sur la piste du cycle lunaire.
  • Déplacer le pion Lune sur cette case où était la tuile.
  • Placer cette tuile devant lui, juxtaposée à une tuile déjà présente de son plateau (sauf si c’est la première).

Le but sera en plaçant ses tuiles intelligemment, de valider des objectifs présentes sur celle-ci. Les objectifs vont forcer à avoir un certains nombres de tuiles des couleurs demandées juxtaposée à celle-ci pour les valider. Une fois validé, on pourra placer un pion sur cet objectif.

Pour gagner la partie, il faut être le premier joueur a avoir placé ses 20 jetons objectifs. Facile à dire, mais une autre paire de manche à faire !

Le placement est très cérébral, puisque les tuiles doivent être forcément adjacentes pour compter pour un objectif et que les objectifs deviennent très vite nombreux.

Une règle rend le tout encore plus stratégique : si des tuiles de même couleurs sont juxtaposées à une tuile, son nombre de couleurs est additionné !

Exemple : Une tuile rouge (celle en bas à gauche). À droite, cinq tuiles jaunes qui se touchent. La tuile jaune immédiatement à droite de la tuile rouge compte pour 5 jaunes dans les objectifs de cette tuile.

Mode solo

Le jeu prévoit aussi un mode Solo d’une durée de partie d’environ 15 minutes. Dans ce mode, les règles de bases restent identiques, mais on rajoute certains éléments.
On prend 21 jetons, et on sépare deux piles, une de 8, et une de 13. On ne place aucun pion sur le cycle lunaire. Le but va être de placer ses 21 disques en deux phases dans le moins de temps possible.

La première phase sera pour les 8 disques et le temps passé comptera double. Le temps passé sera toujours représenté ici par la valeur des tuiles choisies. Lorsque la première pile de tes 8 objectifs est placée, additionne la valeur de chacune de tes tuiles jouées, et note cela, puis remplis la piste de sélection à nouveau. Si jamais après avoir posé les 11 tuiles, tes 8 objectifs ne sont toujours pas joués, remplis à nouveau la piste et compte 10 points de pénalité par jeton non posé à ce stade.

La deuxième phase sera pour les 13 disques et une fois placés, compte à nouveau toutes tes tuiles et ajoute ce score au score précédemment noté. Si durant cette deuxième phase, tu n’arrives pas à valider tes 13 objectifs après avoir posé toutes les tuiles disponibles, compte aussi 10 points de pénalité par jeton non posé. Ensuite, la partie se termine.

Le but étant ici d’atteindre le score le plus bas, si possible en dessous de 100.

Pour les enfants :

Ce jeu est présenté sur la boite comme un 8+. C’est clairement un jeu abstrait et un exercice d’optimisation de placement assez avancée.

Les règles sont simples et s’explique très rapidement, mais les choix de tuiles à faire, ainsi que la pose pourront facilement mettre à mal les plus jeunes. On se retrouve à devoir choisir parmi 3 tuiles, ayant de 1 à 3 objectifs chacune. À imaginer mentalement la position de ses tuiles sur nos plateaux en essayant d’étudier rapidement quelle est la possibilité de placement la plus adaptée pour nous faire remplir un ou plusieurs objectifs. La tuile choisie aura de plus un impact sur notre capacité à rejouer rapidement ou non, puisque les numéros de tuiles choisies feront avancer notre pion d’autant de cases sur la piste du cycle lunaire, et que seul le dernier pion joue. Cela définira aussi les 3 tuiles disponibles pour le joueur suivant. Tout ça fait pas mal de petits éléments qui s’imbriquent pas évident à maitriser.

On apprécie la possibilité d’avoir tenté de mettre un thème sur ce jeu, avec cette nouvelle lune et une petite histoire autour, mais nous l’oublierons assez rapidement et l’aspect mécanique prendra vite le dessus. Il ne faut donc pas trop compter sur ce point pour attirer les enfants, ni sur le design un peu trop mature pour plaire à une population jeune.

Par contre, en plus d’être un bon jeu, c’est aussi un bon moyen de faire travailler l’optimisation et l’anticipation à nos enfants. On va essayer de trouver des synergies entre les tuiles qu’on peut prendre et celle déjà posées. Mais aussi essayer de ne pas trop se fermer de possibilité sur notre plateau. Le tout avec une pression constante puisqu’il faudra surveiller l’avancée des adversaires si l’on veut finir premier.

Nova luna est d’après nous plutôt à recommander autour des 9/10 ans, avec des enfants ayant déjà une bonne expérience de jeu.

Les parents, vous en pensez koa ?

Nova Luna est un vrai brise neurone ! Plutôt joli bien qu’assez sommaire au niveau design et avec un thème que l’on oublie très vite, Nova Luna représente un joli challenge en fonction du niveau des adversaires.

C’est en plus d’être un jeu de tuiles, un jeu de courses où l’objectif sera d’être le premier joueur à placer ses 20 jetons.

Travailler sur ses propres objectifs est déjà complexe, mais au fur et à mesure des parties et de notre aisance, on pourra même commencer à faire du contre-picking en essayant d’empêcher de laisser l’adversaire choisir les tuiles qui l’intéresse. Ce mélange entre le choix de la tuile, et sa difficulté ayant un impact sur notre position sur le cycle lunaire est aussi diabolique. Choisir une tuile simple (avec un numéro élevé donc), permettra probablement à l’adversaire d’enchainer plusieurs tours de suite. Une prise de risque qui rajoute encore de la stratégie et de la tension à cet excellent jeu, et qui récompense les plus joueurs d’entre nous. Cela donne à Nova Luna une saveur particulière et un équilibre subtil et malin.

L’interaction est assez présente puisqu’il faudra bien surveiller le placement de son pion sur la piste du cycle lunaire en réfléchissant à la tuile que l’on choisie pour espérer pouvoir rejouer rapidement. La tuile choisie déplace aussi le pion Lune et permet donc de définir les trois prochaines tuiles accessibles à l’adversaire.

L’aspect course du jeu est un vrai plaisir, puisque au fil de la partie, on sera forcé de regarder le nombre de jetons restants de nos adversaires afin d’espérer finir avant eux.

Le jeu tourne bien dans toutes les configurations. À 2 joueurs, c’est encore plus tactique, car plus prévisible dans les possibilités de tuiles qu’on pourra prendre à notre tour. À 4, c’est un peu plus opportuniste. À noter l’existence du mode Solo pour les amateurs de challenge et de parties en solitaire. Nova Luna semble aussi reprendre des mécaniques d’autres jeux de Uwe Rosenberg, mais n’ayant pas eu l’occasion de jouer à PatchWork par exemple, on ne pourra pas comparer ni te dire si les deux sont suffisamment différent pour être indispensable. Quoi qu’il en soit, nous avons pris beaucoup de plaisir sur nos parties.

Nova Luna est donc une belle surprise dans la catégorie des jeux abstraits, avec un gameplay épuré mais très efficace où chaque mécanique est étroitement liée aux autres pour des durées de parties courtes et bien tendues.

Les enfants, vous en pensez koa ?

C’est vrai qu’a la première impression, le design de ce jeu ne m’a pas tout de suite forcément très emballé… Mais en y jouant je m’y suis fait et finalement ça ne m’a pas dérangé plus que ça donc ce n’est pas un gros problème. Je trouve que les règles en soit sont assez simples, d’ailleurs ce qui est drôle c’est que même s’il y a peu de règles, on se prend vite la tête et on a vite le cerveau qui fume ! En découvrant le jeu on se rend compte qu’il y a quand même pas mal de stratégies par rapport aux règles et conditions de ce jeu. Par exemple quand tu prends une tuile plus facile, tu vas plus avancer sur la « piste » je ne sais pas comment l’appeler, donc d’un côté c’est un avantage car elle sera plus simple à réaliser, mais d’un autre tu joueras probablement en dernier ou pas en premier en tout cas lorsque tu devras choisir tes tuiles. Ce que j’aime bien aussi c que pour gagner c’est pas le joueur qui aura le plus de points mais celui qui aura posé ses 20 jetons en premier. Du coup ça change des autres jeux et c’est bien cool. Bref j’aime beaucoup !

Célya (12 ans)

Je trouve que ça a bien été pensé, les numéros sur les tuiles, parce que les plus faciles ont des gros chiffres et font beaucoup avancer, alors que les plus dur ont des petits chiffres. C’est important de pas trop avancé, pour rester le dernier sur la piste du cycle lunaire pour pouvoir rejouer plus. J’aime bien, parce qu’il n’y a pas spécialement beaucoup de stratégie. Moi j’aime bien faire plutôt vite des tuiles un peu facile qui peuvent profiter à d’autres tuiles à côté pour faire plein d’objectifs d’un coup. Par contre, ce que j’aime pas trop, ce sont les dessins des lunes, que je trouve pas très joli. Je trouve ça un petit peu dur pour bien choisir les tuiles et aussi bien les placer pour faire le plus d’objectifs possibles.

Kylian (9 ans)

Au final, on en pense koa ?

Une course avec une tension crescendo.
Mécaniques bien imbriquées.
Très bon ratio simplicité d’explication/complexité stratégique
Le joueur prenant le plus de risque est celui qui joue le plus.

Les jetons sont un peu petit et peu évident à manipuler.
Design peu chaleureux pour un jeu familial.
Le thème qu’on oublie très vite.

1 à 4 joueurs
30mn
8 ans et +
Par
Uwe Rosenberg, Corné van Moorsel
Distributeur
Blackrock Games
Editeur
Spielwiese
Illustrateur
Lukas Siegmon

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