Notre sélection des meilleurs jeux du 1er semestre 2026
Il est temps de faire le bilan sur les sorties de ce début d’année. Un début d’année plutôt riche en sorties avec un rythme qui ne ralentit pas. Nous te sélectionnons ici notre top 15, toutefois réparti par catégorie.
Il y a 1 seul jeu enfant dans notre sélection, car, suivant moins les sorties de cette gamme (nos deux enfants ayant maintenant 16 et 19 ans !) il est plus dur de se positionner, mais celle-ci est tellement une évidence qu’on ne pouvait pas ne pas en parler.
Côté famille, c’est le carnage avec un nombre d’excellentes sorties incroyable. C’est un premier semestre avec du très lourd dans ce domaine et il y a même d’excellentes sorties qui ne passent pas la sélection (Morty Sorty Magic Shop, Panorama et Frosted Blooms notamment, ou Interactions qu’on vient juste de récupérer) !
Côté ambiance, c’est aussi très fort en ce début d’année (et dire que Magical Athlète n’est pas encore là) et même l’excellent To me or not to me n’a pas passé le cut.
Côté expert, c’est beaucoup plus light en sortie au point que nous n’en avons sélectionné qu’un, et qu’il est même limite dans la catégorie initié. Du coup, à la maison, on ressort les vieilleries de ce côté-là, au point que j’ai enfin réussi à acquérir Tzolk’in pour le découvrir et en profiter.
À noter, de très bons jeux à deux joueurs encore sur ce 1er semestre, ce qui fait que certains (Bunny Kingdown Town ou Grace notamment) pourtant excellents, se retrouvent devancés par les bangers Red Notice et Leda.
Bref, choisir c’est renoncer, voici donc nos 15 sorties préférées de ce premier semestre.
Il manque aussi certains jeux qui auraient pu être dans cette sélection, mais ne les possédant pas, nous n’avons pas pu y jouer assez (Feya Swamp, Savage Bowl, ou le Quattro Trick Tacking en import …)
Jeux pour enfants
L’encyclopédie des monstres
♟️Fiche Jeu (exemplaire festival)
🏠 Scorpion Masqué / 🏢 Blackrock Games
🤔 Antoine Bauza, Corentin Lebrat, Théo Rivière
🎨 Maud Chalmel
👨👩👧👦 2 à 4 joueurs
🎲 6+
⏰ 30mn
Grosse nouveauté 2026 en jeu enfant qui est absolument incroyable sur le packaging, c’est L’encyclopédie des monstres. C’est un jeu coopératif de mémoire qui va inviter les enfants, des chasseurs de monstres, à parcourir le monde de continent en continent pour observer des créatures mythiques et les classer correctement afin de compléter l’encyclopédie des monstres.
Le jeu est composé de 5 livres correspondant chacun à un continent, et contenant à chaque fois un jeu évolutif avec plusieurs pays à traverser. Pour ne pas spoiler, voici les infos de départ de celle du continent européen. C’est un memory avec des tuiles correspondant aux différents monstres de départ et des bougies allumées autour. Tour à tour, on va jouer une carte de notre main devant nous et appliquer ces effets, puis essayer de trouver une tuile correspondant au monstre de notre carte. Le but étant de toutes les rendre visibles. Mais à chaque erreur, on souffle une bougie, on cache à nouveau toutes les tuiles et on récupère nos cartes en main. Les pouvoirs des différentes cartes vont permettre de montrer une tuile aux autres (mais pas à nous), de montrer à tout le monde, d’être les yeux fermés à se faire guider oralement par les autres joueurs pour trouver la bonne tuile, … Une mécanique plutôt classique, mais qui va évoluer très fortement tout au long des livres des différents continents en amenant d’autres éléments, d’autres tuiles, et en complexifiant progressivement l’expérience.
C’est visuellement splendide (Maud Chalmel aux pinceaux) et avec son moteur évolutif, c’est une sacrée proposition pour la gamme enfants/famille ! Le jeu met une pièce assez forte sur l’As d’Or enfants 2027 et peu de chances que 3 jeux enfants arrivent à dépasser ce que propose L’encyclopédie des monstres en qualité et quantité.
Difficile d’en dire beaucoup plus à ce stade, car nous ne sommes qu’au début de l’aventure sur les premiers livres, mais force est de constater que c’est un énorme morceau dans les jeux enfants à venir.



Jeux familiaux
DnUp
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Asmodee, One more game! / 🏢 Asmodee France
🤔 Kei Kajino
🎨 Shohei Asaoka
👨👩👧👦 2 à 5 joueurs
🎲 8 ans et +
⏰ 20 minutes
DnUp est la localisation française du jeu Revolve !, venant du Japon, dont nous t’avions parlé l’année dernière. C’est un jeu de défausse et d’escalade diablement efficace. Et pour moi, l’une des très grosses sorties de cette année 2026.
Dans DnUp, nous allons retrouver 40 cartes (ou moins suivant le nombre de joueurs) de 1 à 10, avec une valeur en haut et une autre valeur en bas si l’on retourne la carte. L’ordre dans notre main n’a pas d’importance, mais le sens, lui, l’est et on ne doit pas (sauf via les actions) retourner ses cartes.
Le but de DnUp étant de se défausser de toutes les cartes de sa main. Le 1er joueur à défausser sa main gagnera 2 points, le 2ème 1 point et mettra fin à la manche. Le 1er joueur à 4 points à la fin d’une manche l’emporte.
À son tour, nous devons obligatoirement faire une action parmi 4 actions possibles :
- Jouer une ou des cartes (de valeurs identiques si plusieurs) de sa main devant soi. Pour ce faire, il faut que cela soit la combinaison la plus forte en fonction du nombre de cartes ou une combinaison encore non présente.
- Ajouter une carte à une combinaison existante. Avec une carte d’une valeur déjà présente, on peut augmenter une combinaison (tant qu’elle devient une combinaison qui n’existait pas ou plus forte que celle déjà présente). Si elle devient plus forte, le joueur avec la même combinaison moins forte la reprend dans ses mains en retournant les cartes.
- Récupérer des cartes, en reprenant n’importe quelle combinaison sur table, en retournant les cartes avant de les mettre dans sa main.
- On peut aussi passer son tour et retourner toute sa main pour inverser le bas et le haut.
Si, lorsque le tour nous revient, la combinaison posée devant nous est encore présente, elle est défaussée.
C’est typiquement le genre de jeux que l’on aimerait inventer. Pouvoir proposer autant avec aussi peu m’impressionne toujours. DnUp est ultra-dynamique, avec une gestion de main très technique, de l’interaction constante, tout en apparaissant comme un jeu vraiment accessible. C’est assez nerveux et les manches s’enchaînent très vite. C’est devenu depuis que nous avons la version japonaise (Revolve!), le meilleur jeu de défausse existant, et il envoie les Scout, Panda Spin & consorts au placard. L’interaction est folle, ajouter une carte chez le voisin pour mieux planter un couteau dans le dos d’un adversaire, faire reprendre des cartes en main au pire moment, etc. Il y a toujours quelque chose à faire avec beaucoup de choix très malins dans la construction et la gestion de sa main. Aurélie, bien que peu amatrice de jeux de défausse, a même fini par l’apprécier et lui trouver des qualités face à notre lobbying sans faille 😄.
DnUp est un jeu bien plus technique qu’il n’en a l’air et est pour moi le meilleur jeu de défausse du marché, ni plus ni moins. Avoir enfin cette tuerie en version française devrait permettre au plus grand nombre de le découvrir et c’est une excellente chose ! + d’infos sur notre test de DnUp.



Carnuta
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Repos Production / 🏢 Asmodee France
🤔 Yohan Goh
🎨 Davide Tosello
👨👩👧👦 2 à 4
🎲 10+
⏰ 30 minutes environ
C’est un jeu très familial qui joue sur l’opposition jour-nuit avec de la collection et de la gestion de ressources (nos Runes). Sur nos plateaux personnels, nous aurons des runes (de super qualité à la Azul) avec un symbole jour d’un côté et nuit de l’autre. On démarre la partie avec 6 emplacements, 2 bloqués au départ, 2 runes côté Soleil et 2 autres, côté Lune. Il va falloir être le meilleur joueur à concocter des potions.
Au centre de la table, des runes, et deux rivières de 4 cartes : des cartes Soleil et des cartes Lunes, chacune ayant différents types d’ingrédients (4 par paquet). Une carte représente un ou deux ingrédients du même type, et va faire gagner des points de victoire, avec ou sans conditions (souvent avoir des combinaisons d’autres ingrédients en jeu). Elles vont demander de retourner des runes d’un type, et/ou de défausser d’autres runes.
À son tour, on doit réaliser 2 actions parmi 4 actions possibles (identiques ou différentes) :
- prendre toutes les runes d’un même type (Soleil ou Lune) du centre de la table et les mettre sur son plateau.
- prendre en main une carte potion sur une des deux rivières (limite de 3 cartes en main),
- jouer une carte de sa main,
- flipper toutes ses runes sur son plateau.
À chaque carte jouée, on avance le curseur sur son plateau, qui va nous permettre de débloquer nos deux emplacements supplémentaires (à la 4ème et 8 ème carte), d’obtenir un ingrédient bonus parmi ceux restant (6ème et 10ème carte).
La partie s’arrête dès que quelqu’un pose sa 11ème carte. On finit le tour en cours et on en fait un dernier.
Après quelques tours, on se rend compte à quel point c’est une évidence. D’une grande fluidité, le jeu possède un excellent rythme et l’idée des runes est suffisamment originale pour donner une belle identité à ce Carnuta qui est l’un des meilleurs jeux familiaux de 2026. + d’infos sur notre test complet.



Collect !
♟️Fiche Jeu (exemplaire personnel)
🏠 CMON / 🏢 Asmodee France
🤔 Jérémy Ducret, Johannes Goupy
🎨 Simon Caruso
👨👩👧👦 2 à 5 joueurs
🎲 8+
⏰ 30mn
Dans les petits jeux qui ne paient pas de mine, Collect ! se place très bien. Toute petite boite, chez un éditeur plutôt habitué à des énormes boites à figurines ou énièmes versions de Zombicide. Ici on est dans un jeu de collection avec des animaux bien choupi illustrés par Simon Caruso.
La mécanique est très simple, deux piles de cartes, on choisit celle du dessus qu’on révèle, on la prend pour la placer devant nous et faire son pouvoir, ou on la remet sur la pile et on prend celle de l’autre pile que nous n’avons plus le choix de jouer. Sorte de twist de la méca de Captain Flip dans un petit jeu de collection.
Chaque animal, en plusieurs exemplaires, possède un pouvoir. Lorsque l’on place les animaux, on le fait en ligne devant nous, soit tout à gauche, soit tout à droite, puisque l’une des conditions de victoire sera d’avoir 4 animaux identiques adjacents (ou avec un Caméléon pouvant remplacer n’importe lequel). Les 2 autres conditions de victoire sont liées à deux cartes animales, une demande d’avoir 3 paires du même animal dont les 2 de la paire sont adjacentes, l’autre d’avoir un animal de chacun des 7 types.
Bien sûr les pouvoirs sont un peu “Take That”, entre défausser une carte adverse, échanger une carte avec un adversaire, ou encore essayer de deviner l’animal de la carte d’une pioche pour la poser, interchanger des cartes sur notre ligne … C’est un peu violent, très dynamique et bien fun. Avec du foil sur les cartes pour fignoler le tout. Le but, gagner deux manches ou remporter la 4ème manche.
Collect! est excellent en petit jeu familial, fun, rigolo, méchant et ultra-rapide à jouer (5/10mn la manche).



Got Five !
♟️Fiche Jeu (exemplaire festival)
🏠 Blue Orange / 🏢 Tribuo
🤔 Yoann Levet
🎨 Mathieu Clauss
👨👩👧👦 2 à 4 joueurs
🎲 8+
⏰ 15 minutes
Quand on parle de jeu de déduction et de Yoann Levet, mes oreilles se dressent. Et Got Five! est l’une des propositions les plus familiales du domaine avec son matériel qui ne laisse pas indifférent.
Dans Got Five!, nous aurons chacun 5 petits bonhommes, type Pac-Man (5 couleurs avec des numéros allant de 1 à 60 et de 1 à 3 points dessus) dont il faudra retrouver les numéros. Ils seront rangés dans l’ordre croissant par notre adversaire. Une fiche nous aidera à comprendre la répartition des couleurs, des valeurs et du nombre de points sur chaque.
À chaque tour, on va prendre un des pacmans au centre (5 au départ), l’annoncer à voix haute (pour que chacun le barre de sa fiche) et on aura deux possibilités :
- Soit le classer, et un adversaire va nous le placer dans l’ordre croissant.
- Soit le comparer, en plaçant un des 5 pacmans au-dessus d’une de nos tuiles pour demander si le nombre de points est équivalent et éliminer des possibilités.
Le but, être le 1er à annoncer un “Got Five” en retrouvant nos 5 numéros. Si on se trompe, c’est perdu !
Chaque choix à notre tour, va nous permettre d’éliminer pas mal de possibilités grâce à notre fiche indispensable.
C’est encore un jeu de déduction, mais aussi encore un très bon de Yoann Levet ! Un matos parfait qui fait son petit effet, une construction mécanique qui me fait toujours halluciner et un jeu ultra-facile à expliquer avec un plaisir immédiat. C’est tout ce que j’aime et ça marche du tonnerre tout en étant encore plus accessible que ses autres jeux.
Le tirage de départ peut vraiment nous avantager avec un bon niveau de jeu mais l’espace de décision reste finalement assez important. Gros carton de cette année 2026.



Botswana
♟️Fiche Jeu (exemplaire personnel)
🏠 25th Century / 🏢 Blackrock Games
🤔 Reiner Knizia
🎨 Charlie Bink, goo, Piotr Sokołowski, Weberson Santiago
👨👩👧👦 2 à 5 joueurs
🎲 7+
⏰ 20 minutes
Botswana est le dernier jeu sorti en France de Reiner Knizia. On parle de dernier jeu, mais c’est en réalité la réédition d’une de ces vieilleries de 1994 qui a connu plusieurs vies et plusieurs noms (et plusieurs looks assez discutables) : Flinke Pinke, Loco! puis Botswana en 2010. Botswana est un jeu de collection très minimaliste et diablement intelligent.
Dans Botswana, il y a 5 types d’animaux avec leurs jetons regroupés séparément pour que l’on puisse mettre une colonne de carte dessous, justement associés à 6 cartes chacun allant de 0 à 6.
Les joueurs vont se partager les cartes aléatoirement (un certain nombre sera supprimé au hasard en fonction du nombre de joueurs), et chacun devra à son tour, jouer une carte de sa main, sous le type d’animaux correspondant, puis prendre un jeton d’un animal de son choix (pas forcément celui de la carte) pour le placer devant lui. La dernière carte sous un tas d’animaux représentera la valeur de chaque jeton de ce type (de 0 à 6 donc). La manche s’arrête dès que les 6 cartes d’un animal ont été jouées. On compte les points pour chaque joueur en fonction des jetons récupérés et de la dernière carte jouée pour chaque type d’animaux et on enchaine 3 manches.
Vous savez si vous nous lisez régulièrement à quel point je suis admiratif quand des propositions très simplistes arrivent à procurer des émotions et des choix forts. C’est totalement le cas ici avec une merveille absolue de game design. Les règles s’expliquent en une minute, le jeu a une fluidité sans pareil mais est d’une intelligence folle avec une interaction de tous les instants, dans les regards, les choix adverses et les cartes qu’il nous reste en main ainsi qu’un timing au cordeau pour pouvoir placer les bonnes cartes au bon moment. Pas trop tôt car un adversaire pourra changer la valeur, ni trop tard car la partie peut s’arrêter de manière très brute. Une stratégie à monter qui sera très dépendante de nos cartes en main et des mouvements adverses. Brillant.
Ces derniers mois, c’est quand même 3 bangers que Knizia nous propose (qu’ils soient des rééditions ou non) avec Rebirth, La traversée du désert et maintenant ce Botswana, le plus accessible des trois et aussi probablement le meilleur, c’est dire ! Que dire aussi de cette édition avec ces magnifiques jetons en bois et un travail d’illustration de toute beauté de Weberson Santiago, où chaque animal a une illustration différente (de plus en plus proche), plus le numéro monte. Du grand art, tout simplement !



La traversée du désert
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 AllPlay / 🏢 Asmodee France
🤔 Reiner Knizia
🎨 Atha Kanaani, Brian Schomburg, Claus Stephan, Damien Mammoliti, John Gravato, Scott Nicely
👨👩👧👦 2 à 5 joueurs
🎲 10 ans et +
⏰ 45 minutes
Reiner Knizia, un auteur dont la réputation n’est plus à faire, aura marqué l’année 2025 avec Rebirth. La traversée du désert est un autre de ses jeux, mais moins nouveau puisque c’est ici la réédition d’un jeu de 1998 Throught the desert par les Américains de All Play.
La traversée du désert partage un ADN assez fort avec Rebirth car il reprend cette même efficacité. Son tour de jeu consiste uniquement à placer deux Chameaux adjacents à nos Caravanes (lignée de Chameaux reliée à l’un de nos Guides). C’est donc un jeu de placement et de blocage très facile à jouer mais bien plus retors à maitriser.
L’objectif, va être de remporter le maximum de points, en reliant nos caravanes aux Oasis du plateau (5 points), en plaçant des Chameaux d’une de nos Caravanes sur des Points d’eau (de 1 à 3 points), en étant le joueur à avoir le plus de Chameaux d’une couleur (10 points), ou en arrivant à encercler une zone (vide de Chameaux et Guide) avec les bords du plateau pour gagner 1 point par case vide et les Oasis et points d’eau présents à l’intérieur. La partie s’arrête lorsqu’un joueur place le dernier Chameau d’une couleur, ou ne peut plus jouer.
Niveau look, c’est un peu particulier. Le plateau est plutôt joli mais la quantité de plastique laisse un peu songeur et donne un aspect assez cheap au jeu. La lisibilité de l’ensemble n’est pas exceptionnelle non plus entre les couleurs de Chameaux, et les couleurs de nos Guides. Pas de quoi entacher le plaisir de jeu pour autant. On pense aussi fortement aux Aventuriers du rail ou à l’Empire de César dans le style.
Le jeu s’adapte parfaitement par contre à la configuration de joueurs, en rapetissant la zone de jeu (on enlève la partie ombrée dans les configs les plus basses) ou en jouant sur le nombre de Chameaux ou de Guides. Cela permet de conserver une tension assez forte et d’avoir une proposition solide de 2 à 5 joueurs.
On retrouve aussi au verso du plateau, une map de nuit, changeant la disposition et rajoutant une manière de scorer les points avec l’Oued qui traverse la carte au centre. La 1ère fois qu’une Caravane traversera l’Oued, c’est aussi 5 points qui seront gagnés.
Deux éléments sur le plateau (les étoiles et les maisons) sont indiqués dans la règle comme nécessaires à l’extension uniquement. Extension non présente dans la boite … À voir si l’extension Bazaar (sur le site de l’éditeur original) est celle-ci, et si elle sera localisée en V.F..
La traversée du désert est un excellent Knizia où l’on retrouve cette épure de mécanique avec des choix pourtant très forts et une tension qui monte au fur et à mesure que l’espace se réduit sur la carte. Le genre de jeu que l’on apprécie beaucoup, avec peu de règles, facilement mis en place et à la réflexion assez forte tout de même.



Jeux d'ambiance
Hot Streak
♟️Fiche Jeu (exemplaire personnel)
🏠 CMYK / 🏢 Asmodee
🤔 Jon Perry
🎨 Cécile Gariépy
👨👩👧👦 2 à 9 joueurs
🎲 6 ans et +
⏰ 40 minutes
Dans les sorties un peu originales et complètement débiles de l’année, Hot Streak en est une à ne pas louper ! Hot Streak est un jeu de paris de 2 à 8 joueurs (une variante existe pour jouer encore plus nombreux) qui vous propose d’incarner des bookmakers lors d’une course de mascottes. Vous savez, ces déguisements un peu grossiers et publicitaires qu’on voit certaines fois ? C’est donc 4 mascottes qui seront en piste et votre objectif sera de réaliser deux paris, soit sur la position d’une des mascottes, soit sur un événement de course qui pourrait ou non arriver.
Avec 4 cartes de départ, une pour chaque mascotte connue de chacun, on rajoute 3 cartes aléatoires dans la course. Ensuite, chaque joueur, avec 3 cartes en main, en glissera une dans ce deck commun sans la montrer aux autres. Puis chaque joueur, choisira tour à tour, dans un draft inversé, un pari parmi ceux encore disponibles. Le dernier joueur en choisira un 2ᵉ puis le draft repartira dans l’autre sens afin que chacun en ait deux. Au moment du choix d’un pari, on peut le jouer “risqué” et retourner la carte pari en question pour gagner plus de points si l’on a bon, mais moins en cas d’échec, voire même perdre des points potentiellement.
La course va ensuite commencer avec un joueur (le Croupier) qui va défausser 3 cartes avant de démarrer, puis révéler les cartes une par une. À chaque carte, un autre joueur désigné en début de partie (l’Opérateur), fera les actions des cartes sur les mascottes du plateau. Les cartes vont permettre aux mascottes d’avancer d’un certain nombre de cases, d’aller à la prochaine étoile, de reculer, de se retourner, de tomber, d’avancer et de dériver sur le couloir de gauche ou de droite ! Certaines vont faire avancer tout le monde. Là où c’est très drôle, en plus des retournements et des chutes individuelles, c’est que si une mascotte en bougeant en percute une autre, celle immobile tombe. Une mascotte au sol n’avance plus que d’une case en rampant ! Si une mascotte au sol se fait piétiner une deuxième fois, elle est éliminée. Même chose si elle sort du plateau. Bien sûr, pendant ce temps-là, le croupier met l’ambiance et les joueurs autour de la table hurlent pour leur chouchou de cette manche ! Quand le Croupier arrive au bout du paquet, on remélange et l’Opérateur va tourner la molette de la boîte pour rapetisser la course jusqu’à la 1ʳᵉ ligne jaune. Les mascottes encore dans cet espace se voient aussi éliminées.
La course s’arrête lorsque 3 mascottes ont franchi la ligne et/ou ont été éliminées. Le Bookmaker de la partie donne les gains (ou pertes) à chacun et on enchaîne 2 autres manches où chaque joueur ajoutera encore une nouvelle carte. La 3ᵉ manche permettra aussi de doubler l’un de ses paris.
Quel plaisir de voir ce Hot Streak enfin arriver chez nous ! C’est totalement foutraque et ça peut donner des parties assez incroyables et très drôles si les joueurs (à commencer par le Croupier) jouent le jeu en mettant une ambiance autour de la table. Ce n’est pas le genre de jeu à jouer sérieusement, tant le contrôle est limité. Mais ce n’est pas ce qu’on cherche ici. On veut que notre pari sur la Saucisse soit payant, donc on va hurler “Allez, la saucisse !” ou râler quand elle recule, se retourne, qu’une autre mascotte arrive sur sa case. Il a quelques airs de l’excellent Ready Set Bet mais un peu plus facile à sortir (et moins fatigant). L’édition est folle avec ses figurines mascottes, son tapis déroulant pour la course et la molette pour la ranger ou la raccourcir. Les billets sont aussi dans une matière très agréable. Bref, c’est un sans-faute là-dessus, mais qui va aussi avec un prix d’une cinquantaine d’euros, pas neutre. Côté gameplay, on ne va pas se mentir, ça ne va pas chercher loin, mais ça fait bien le job ici. Pas de quoi y revenir tous les jours, mais un vrai bonheur à faire découvrir.
Hot Streak n’est pas le jeu que l’on va acheter pour jouer pépère le soir avant de se coucher, mais plutôt celui qu’on réserve aux grandes tablées, aux après-midis en famille ou soirées entre amis pour une expérience originale où les fous-rires seront légion.



Trait Cool
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Bankiiiz Editions, Frechverlag / 🏢 Blackrock Games
🤔 7 Basis
🎨 Eva Hook
👨👩👧👦 2 à 8 joueurs
🎲 10+
⏰ 30mn
Trait Cool est un jeu d’ambiance coopératif de dessin qui arrive avec une chouette réputation puisqu’il a été nommé au prestigieux Spiel des Jahres en 2025 (sous le nom de Krakel Orakel). Un peu à l’instar de Streets of Tokyo que nous avions découvert l’année dernière en prototype, il va falloir faire deviner un mot en le traçant uniquement sur les pointillés de notre feuille. Puis, mélanger notre mot, celui des autres joueurs + quelques-uns au hasard (un par joueur) et ensemble, arriver à retrouver les intrus (une élimination par joueur tour à tour) pour ne garder idéalement que nos mots. Le tout en 4 manches où il va falloir essayer de faire un minimum de fautes !
Avec un temps limité à 2mn pour dessiner et des plateaux et mots plus ou moins sympas (mot blanc = facile, mot noir = difficile), on fait ce qu’on peut… Pas besoin de savoir dessiner, de toute façon, on devra faire avec notre plateau et des mots déjà pas évidents en soi. On va plutôt donc chercher l’imaginaire et des formes nous permettant grossièrement de faire trouver le mot. Et c’est là que ça donne quelque chose d’assez hilarant. Pas de superflu, le concept est resserré au plus strict minimum et c’est ce qui fait que Trait Cool fonctionne incroyablement bien. On vous laisse voir le résultat en photo !
Très content d’avoir enfin un autre bon jeu de dessin pour compléter notre cher Esquissé.



Matchy Matchy
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Cocktail games / 🏢 Asmodee France
🤔 Craig Browne
🎨 Laura Michaud
👨👩👧👦 3 à 8 joueurs
🎲 10 ans et +
⏰ 30 minutes
Dans la catégorie des jeux d’ambiance par équipes, il y en a un qui est joué régulièrement à notre association depuis des années, c’est Compatibility. Ce Matchy Matchy en est la réédition 2026 avec un nouveau look, un nouveau format, de nouvelles cartes et un matériel inédit.
Dans Matchy Matchy, nous allons former des équipes de deux personnes qui devront s’affronter pour démontrer leur compatibilité et déterminer laquelle forme le meilleur groupe. Pour cela, il faudra être la 1ʳᵉ équipe à atteindre la case finale du plateau, chaque case indiquant combien de cartes l’équipe va devoir jouer ce tour.
Pour cela, chaque joueur a le même paquet de 42 cartes composé de photos très diverses et variées.
À chaque manche, un thème va être choisi sur une carte parmi 12 propositions (un joueur donnant un numéro entre 1 et 12).
Un tour de jeu consiste, en fonction de la position du pion de l’équipe, à sélectionner un certain nombre de cartes par chaque joueur de l’équipe (entre 2 et 5), allant de celle qui illustre le mieux à celle qui illustre le moins le thème de la manche.
Chaque équipe, en simultané, va ensuite révéler les cartes de gauche à droite.
En cas de “match” = carte identique à la même position. Le pion de l’équipe avance de 3 points. Si une carte est identique mais pas à la même position, elle avance seulement de 2 points. Et c’est tout.
Si le nombre de joueurs est impair, le jeu fonctionne différemment avec un référent choisi qui n’aura pas de pion sur le plateau. Les autres joueurs devront faire les mêmes choix de cartes que lui pour avancer. C’est un peu moins efficace que la version par équipe et a la particularité d’avoir un joueur sans score (le référent) …
Pas mon style de jeu, mais je vois bien qu’autour de moi, le jeu fonctionne réellement à chaque partie et provoque rires, moqueries et excitations quand les matchs se répètent.
Il faut soit s’immiscer dans la tête de votre équipier, soit arriver à aligner vos pensées pour choisir les mêmes cartes et les classer de la même manière. Avec des personnes que l’on connaît, on s’appuie sur des souvenirs communs ; avec des personnes qu’on découvre, on mise davantage sur des associations classiques et évidentes. La partie fun reste aussi les justifications plus ou moins foireuses de chaque joueur sur ces choix lorsqu’ils ne correspondent pas à ceux de son équipier !
Les photos sont bien entendu choisies pour refléter une diversité forte de thèmes et la qualité du jeu dépend énormément de ce choix, ainsi que de l’écriture des très nombreux thèmes plus ou moins faciles présents dans la boite. Le look et le format de cette nouvelle version sont un peu plus modernes et n’ont que peu d’impact une fois en jeu. Le plateau fait le job et les boîtes de rangement des cartes permettent une mise en place plutôt aisée.
Matchy Matchy redonne une nouvelle vie à un jeu auquel les amateurs de jeu d’ambiance en large groupe, d’associations d’images, prendront plaisir à jouer.



Jeux initiés
Red Notice – Le million ou la prison
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Catch Up Games / 🏢 Blackrock Games
🤔 Baptiste Laurent, Gautier de Cottreau
🎨 Amélie Guinet
👨👩👧👦 2 joueurs
🎲 10+
⏰ 30mn
Le jeu nous permet d’incarner soit une faussaire, soit une agente du FBI dans une traque nerveuse et asymétrique tout autour du globe. Angela Farbank, la faussaire, cherche à encaisser un million de dollars en faux chèques sans se faire capturer, tandis que Jessah Hope cherche à arrêter la criminelle en la capturant 3 fois avant qu’elle n’arrive à encaisser ce pactole. 3 fois afin de lui faire perdre les 2 premières fois ses fausses identités et l’emporter à la 3ème.
La faussaire va se déplacer de ville en ville en secret avec son planisphère personnel pour déposer ses faux chèques en utilisant ses fausses identités.
Le tout avec un système de manches avec 4 cartes actions différentes d’une manche à l’autre qui vont imposer les possibilités de la manche et 3 jetons par équipe à poser tour à tour face cachée avec des valeurs plus ou moins fortes. Planification, bluff, anticipation, …, il faut lire dans son adversaire pour s’en sortir et on a toute la tension attendue dans un jeu de ce type, du moins du côté Faussaire pour notre partie. C’est super tendu, et les pouvoirs côté Agents sont monstrueux.
C’est tout ce qu’on aime dans les jeux de traque ou de duel et chaque partie a été un gros plaisir (même en 2 contre 2 alors que le jeu ne prévoit pas cette configuration). L’édition est folle comme toujours chez Catch Up Games, entre le planisphère sur la boite de jeu, les jetons de poker avec des illustrations d’un style qu’on voit rarement et qui conviennent à merveille au jeu. On revit un peu des sensations à la Mr Jack, que nous n’avions pas eues depuis longtemps. L’un de nos énormes coups de cœur communs de 2026 !
+ d’infos sur notre test complet.



Leda
♟️Fiche Jeu (exemplaire festival)
🏠 Sorry We Are French / 🏢 Gigamic
🤔 Pierrick Libralesso, Renaud Libralesso, Yoel Sayada
🎨 David Sitbon
👨👩👧👦 2 joueurs
🎲 14+
⏰ 30mn
Bien connu des amateurs de la sphère vidéoludique, Yoel Sayada (aka First Player) est ici accompagné des frères Libralesso (Pierrick et Renaud) pour un jeu d’affrontement asymétrique à 2 joueurs, dans le style qu’on sait fortement apprécié par Yoel justement. On connaît son exigence sur le sujet, ce qui rend d’autant plus curieux (et risqué ?) le pari de se lancer sur un jeu de ce type et de ce calibre. Si l’on combine à ça l’éditeur ayant choisi le jeu (SWAF), qui a déjà à son actif le très réputé Gosu X notamment, ça donne l’eau à la bouche. Et comme toujours chez l’éditeur, c’est David Sitbon qui fait des merveilles aux pinceaux.
Le jeu se passe dans le royaume de Leda où chaque clan a développé sa propre civilisation, son langage et ses ambitions.
Chaque joueur démarre avec une grille de 4×4 (mise en place aléatoire) qu’il va pouvoir modifier et améliorer en y jouant les cartes de son Clan. À chaque tour, une tuile Action va permettre au joueur de décider quelle partie de 4 cases de la grille va s’activer (ligne, colonne, ou carré à choisir sur la tuile) permettant de déclencher les effets des cartes présentes dans cette zone. Ensuite on assistera à un combat où le joueur ayant activé le plus de symboles Épée prendra un jeton Militaire, puis chaque joueur pourra soit jouer une carte de sa main (en payant de la nourriture et en recouvrant une tuile), soit interchanger deux tuiles et prendre une nourriture.
Il faut dans Leda optimiser ses activations et gérer sa nourriture pour remporter la partie avec la condition de victoire propre à notre clan. Attention toutefois à garder un œil sur la victoire militaire immédiate que chaque clan possède aussi (mais pas avec le même nombre de symboles demandés).
Il y a 4 clans dans le jeu de base, les Requins, Pandas, Scorpions et Chats. Chacun ayant des manières assez différentes de jouer. Les Requins vont jouer sur le positionnement des cartes avec jetons Requins pour activer des effets de Meute par leurs adjacences. Les Pandas vont demander à jouer des cartes Or, mais qui ne pourront l’être qu’en remontant une carte Argent après en avoir joué 2, demandant elles aussi de remonter 2 cartes Bronzes pour en jouer une ! Les Scorpions vont jouer avec des portails à mettre dans les angles et les Chats avec une capacité de pioche assez forte pour jouer 3 anneaux demandant des conditions particulières en jeu.
Tous ces clans ont donc des manières de jouer ultra-différentes pourtant basées au départ sur un système socle simple mais drôlement efficace. La sélection des 4 cases à activer est excellente (une ligne une colonne ou un carré, différent suivant la carte tirée lors de la manche) et le tout s’explique plutôt rapidement.
L’édition, comme toujours, est au poil avec une feuille d’aide par Clan expliquant chaque carte, ainsi qu’un visuel toujours incroyable (David Sitbon toujours au top).
Leda est donc un excellent jeu de duel, assez technique et qui va demander d’apprendre à maitriser chaque Clan pour en libérer tout le potentiel. On a hâte de voir les 4 prochains Clans qui sortiront un par un en booster dans les mois à venir.



Bella Vista
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Studio H / 🏢 Gigamic
🤔 Andrea Mainini, Bruno Cathala
🎨 Cyrille Bertin, Weirdloop
👨👩👧👦 2 à 4 joueurs
🎲 10 ans et +
⏰ 45 minutes
Parmi les nombreuses nouveautés de début d’année d’un de nos auteurs favoris, Bruno Cathala (ici en co-autorat avec Andrea Mainini), la seule que nous n’avions pas pu essayer lors du festival de Cannes était Bella Vista.
Bella Vista est un jeu de placement d’immeubles sur un plateau commun avec de l’enchère, des contraintes et des objectifs communs.
Chaque joueur va avoir des bâtiments à sa couleur, de 1 à 8, représentant la hauteur, mais aussi la forme. Les plus petits vont prendre un peu plus de place au sol. Nous avons des cartes en main (3 parmi les 8 au départ), chacune représentant un de nos bâtiments.
Dans l’ordre du tour, on va devoir se placer sur une enchère encore libre du plateau commun et payer la somme nécessaire, de 7 or à 0. Plus on paye, plus on sera tôt dans l’ordre du tour.
Mais l’argent (nous démarrons avec 20 pièces), c’est aussi nos points de victoire !
Une fois tous les joueurs positionnés, chacun va jouer sa carte, dans l’ordre de celui qui a payé le plus à celui qui a payé le moins. Il va placer le bâtiment correspondant à sa carte en respectant la contrainte du tour (obligation de poser sur un quartier, ou interdiction de poser à côté de quelque chose) et gagner des pièces en fonction de ce qui lui est adjacent. 1 pièce par bâtiment adjacent strictement plus petit, et 3 pièces s’il est strictement plus grand que tous les bâtiments qui lui sont adjacents ou s’il n’en a pas et est isolé. On pourra ensuite récupérer une carte contrat, si le contrat est respecté par le placement de nos bâtiments, contrat qui rapportera de l’or en fin de partie.
Une fois que tout le monde a joué, on change la contrainte du tour, on renouvelle les contrats qui ont été pris et on joue jusqu’à épuisement de la pioche.
On rajoute à ça deux objectifs sur la partie, un objectif d’ensemble, qui va vous demander de rendre adjacents certains de vos bâtiments pour gagner des points, et un objectif de hauteur, rajoutant des bonus sous conditions à certains de vos bâtiments.
Sur les règles, ça parait assez simple et convenu. Simple à expliquer, ça l’est, à jouer, c’est une autre paire de manches. Déjà parce que le plateau de pose est commun. On se rend très vite compte que sous son aspect mignon et son nom à connotation positive, le jeu est assez méchant ! Mais genre, vraiment. Et il va pousser les joueurs à l’être plus que jamais ! La frustration va aussi être forte, car la contrainte de pose du tour va réduire grandement vos possibilités et l’ordre du tour va finir de les achever. Être bien placé dans cet ordre sera primordial, mais comme il en va de vos points de victoire puisque c’est votre Or qui vous permettra de vous placer, le dilemme est atroce !
Donc je répète : contrainte du tour, objectif d’ensemble et de hauteur que vous allez vouloir maximiser, contrats en cours que vous allez tenter de prendre avant vos adversaires, cartes en main qui limitent vos choix, placement, hauteur et adjacence à prendre en compte et la gestion de votre Or dans tout ça ! Fracture du cerveau en perspective, mais une émotion diablement jouissive quand vos plans se déroulent sans accroc et mettent vos adversaires dans le pétrin. C’est moins sympa quand c’est vous qui vous y retrouvez, mais c’est ce qui fait tout le sel du jeu.
Aurélie et moi sommes plutôt des joueurs adeptes de l’interaction indirecte et légère. Ici, on est bien plus direct et pourtant, c’est savamment dosé et c’est toute l’identité du jeu qui se passe là-dedans.
Que dire de l’édition. Après Leaders, Studio H continue de montrer qu’ils sont les rois du game. Les bâtiments sont déjà montés dans la boîte à tiroirs dans laquelle tout est parfaitement rangé. C’est une édition millimétrée qui sert à merveille le jeu et la mécanique. C’est visuellement super chouette avec une présence en table qui en jette. Il y a 3 objectifs d’ensemble et de hauteur dans la boite pour apporter un peu de variabilité aux parties.
Le jeu a le mérite aussi de fonctionner parfaitement à toutes les configurations, mais amène pour cela des adaptations sur chacune. Un peu plus complexe pour retenir les règles, mais utile pour avoir une expérience efficace peu importe le nombre de joueurs. À 2 joueurs, nous allons jouer avec 16 cartes (un 2ème jeu rouge et bleu est là exprès) et les bâtiments de deux couleurs, mais que l’on mettra à la nôtre avec les toits prévus à cet effet. A 3 joueurs, ….



Moon Colony Bloodbath
♟️Fiche Jeu (exemplaire presse)
🏠 Rio Grande Games / 🏢 Asmodee France
🤔 Donald X. Vaccarino
🎨 Franz Vohwinkel
👨👩👧👦 1 à 5 joueurs
🎲 14 ans et +
⏰ 45 minutes
Dans les jeux qui ont buzzé assez fort ces 12 derniers mois, Moon Colony Bloodbath est probablement tout en haut. C’est un jeu de gestion de moteur et de survie dans lequel vous allez créer votre colonie sur la Lune en tentant de la faire vivre le plus longtemps possible, car oui, vous allez mourir quoi qu’il arrive. Votre objectif est d’être celui qui survit le mieux dès qu’une colonie d’un joueur s’éteint !
Niveau mécanique, c’est finalement assez simple, puisque l’on va jouer majoritairement en simultané, à partir d’un deck commun qui va s’enrichir au fur et à mesure de la partie.
Le tour de jeu consiste à révéler la 1ère carte de cette pioche commune et d’en appliquer les effets.
Sur votre plateau personnel, vous allez gérer 4 types de ressources :
- Votre population, la ressource principale, puisque celle qui vous fera perdre la partie lorsque vous n’avez plus personne.
- Les cartes, étant des bâtiments vous permettant de gagner des pouvoirs et d’augmenter votre population
- Les Mégacrédits, monnaie pour certains événements et pour construire vos bâtiments.
- Les pommes, nourriture de votre population.
Certaines cartes du paquet commun vont demander à rajouter d’autres cartes sur ce paquet. Événement (négatif en général), robots et autres cartes. Globalement, même si votre moteur va se mettre en place les premiers tours, grâce aux bâtiments et à certaines cartes que vous allez mettre dans le paquet, partez du principe que le jeu va chercher à tout détruire en continu dans les tours suivants !
Moon Colony Bloodbath est un jeu bien méchant et assez original. C’est plutôt fun et drôle puisque l’on va se moquer en continu de ce qui arrive à chacun en voyant les colonies des uns et des autres souffrir. Le jeu est assez inégal d’une partie à l’autre (en fonction des twists de début de partie), et peut s’avérer un poil répétitif, demandant pas mal de manipulations de ressources et du paquet de cartes commun.
Le visuel fait débat ici. J’ai tendance à trouver ça très moche, mais je confirme qu’il est très réussi avec un look à l’ancienne qui convient parfaitement à la mécanique et à l’ambiance générale. On apprécie clairement l’humour, que ce soit au niveau des règles, du nom des cartes ou des textes présents sous certaines. On aurait aimé aussi une petite asymétrie des personnages évitant à chacun de démarrer de la même manière et d’être aussi dépendant de sa pioche de départ. Il se joue jusqu’à 5 joueurs avec une interaction assez faible au final. Comme la majorité des éléments se font en simultané, le temps de jeu reste contenu autour des 45 minutes et à part à regarder le niveau de population des autres, on joue finalement un peu dans son coin à se battre contre le jeu.
Mais cette sensation de souffrance a quelque chose d’assez agréable là où nous avions trouvé qu’Empire’s End dans un esprit proche, ratait le coche. Moon Colony Bloodbath a en tout cas lui, un vrai goût de reviens-y, puisqu’après une 1ère partie à 4 en demi-teinte (un peu molle), j’ai bien plus apprécié mes parties suivantes avec une belle envie d’y revenir et de continuer à le faire découvrir. Son thème, son originalité, l’humour qu’il génère prennent assez vite le dessus sur ses quelques faiblesses. Sa nomination récente pour le Spiel 2026 confirme qu’il est parti pour une belle carrière.



Jeux experts
Ayar, les enfants du soleil
♟️Fiche Jeu (exemplaire personnel)
🏠 Osprey Games, Super Meeple / 🏢 Neoludis
🤔 Fabio Lopiano, Mandela Fernandez-Grandon
🎨 Ian O'Toole
👨👩👧👦 2 à 4 joueurs
🎲 14 ans et +
⏰ 60 à 90 minutes
Ayar, les enfants du soleil est la troisième sortie d’une série de jeux comportant Merv, et surtout Sankoré (nommé aux As d’Or expert l’année dernière).
C’est probablement le plus léger des trois (par rapport à Sankoré c’est une évidence, mais n’ayant pas joué à Merv, c’est ce que disent les notes de complexité BGG).
Dans Ayar, nous partons du côté des Incas où chaque clan accompagnera les Ayar à travers les Andes sur 4 activités : la poterie, la tisserie, l’agriculture et la construction.
Le jeu se déroule en 4 manches et le nombre d’actions va s’amenuiser d’une manche à l’autre. À notre tour, on choisit un marqueur de pas pour faire avancer le Ayar de la couleur correspondante. On enlève un des tambo de la ligne ou colonne où l’on a placé notre marqueur et le nombre de cases vides de cette ligne ou colonne définira de combien le Ayar avance. Ensuite, on placera le tambo sur une des cases précédant la case d’arrivée du Ayar pour en faire l’action indiquée.
Les actions vont nous faire participer à l’une des 4 activités pour gagner des points de soleil ou préparer le gain de points de lune. Les points de soleil sont gagnés sur un marqueur de point intermédiaire et scoreront à chaque fin de manche, tout en se cumulant tout au long de la partie. Les points de lune, eux, seront scorés pour une seule activité de notre choix à chaque fin de manche (ne laissant plus la possibilité de marquer cette même activité de cette manière). Chaque activité est un mini-jeu avec une mécanique différente : course, collection, placement etc.
L’autre moyen d’activer le gain des points de lunes va être via les temples (dès qu’un carré de tambo est libéré), qui nous permettront de placer un temple sur une piste d’un des Ayar pour en scorer les points lorsque le Ayar en question partira à la retraite. Et oui, car à chaque fin de manche, le Ayar le moins avancé partira en retraite et activera les temples que les joueurs ont posés sur sa ligne.
Pour les soleils, c’est en vidant une ligne ou colonne de son plateau où l’on retrouve en bout de ligne/colonne le symbole de soleil d’une des quatre activités. On pourra aussi activer les gains de point soleil une fois que le Ayar dépasse la tuile correspondante.
Pourquoi deux types de points de victoire dans le jeu ? Car les points gagnés ne correspondront qu’au marqueur le moins avancé parmi vos points de victoire de lune et de soleil !
Il y aura aussi des possibilités d’améliorer les actions sur son plateau, et d’obtenir des jetons Lamas défaussables en fin de partie pour raccourcir l’écart ou augmenter les deux pistes.
Ayar se situe plutôt dans la catégorie basse des experts ou haute des initiés en termes de complexité avec un jeu où les règles sont relativement limpides, mais où l’intrication des choix (nos Pas, les Tembo, les Activités et la couleur/position des Ayar) est assez complexe et difficile à lire sur une première partie. Toute la gestion du scoring est aussi très inédite et c’est pour nous l’élément qui fait toute la saveur d’Ayar. Comment et quand marquer les points d’une activité, sur quoi se concentrer, comment gérer l’avancée des Ayar et celui qui partira à la retraite… Cette interaction assez forte entre joueurs avec les Ayar partagés est en tout cas assez savoureuse et en fait une proposition plutôt très originale.
Le jeu est parfaitement édité avec un visuel charmant, une iconographie et une lisibilité qui ne laissent pas de place au doute, comme Ian O’Toole nous habitue sur chacun des jeux qu’il illustre. Ayar est agréable dans toutes les configurations, mais c’est tout de même à 3 et 4 joueurs qu’on le préfère. Son seul défaut, c’est qu’il pèche un peu sur la rejouabilité et aura pour beaucoup du mal à conserver son attrait passé 5/6 parties (sauf si elles sont suffisamment espacées), mais le résultat est bien trop chouette pour l’ignorer pour cette raison.



Si tu as d’autres suggestions pour cette sélection, n’hésite pas à nous le faire savoir via l’un de nos réseaux sociaux ou par le formulaire de contact.